Il y a du changement dans ma vie. 3 ans bientôt que je vis en Chine, et je viens de faire un pas supplémentaire en direction de la compréhension de cette culture si différente : j’ai un petit ami chinois. Que de sujets de discussions soulevés…

Pour dire vrai, il n’est pas entièrement chinois. Enfin si, 100% par ses deux parents, né à Nanjing, il y a vécu 5 ans, avant de partir pour les USA, où il a fini de grandir. Il a un passeport américain, mais techniquement il est donc bien chinois. Ici, ça se rapproche beaucoup de ce qu’on appelle ça un ABC : American Born Chinese. Phénomène de société, en quelque sorte.

Les ABC sont extrèmement prisés par les jeunes chinoises, qui apprécient à la fois le côté traditionnel (il connait la culture, la partage, parle la langue etc) et le côté “riche américain” (attention, les clichés ça pique les yeux) : avec une green card, on peut profiter de la vie américaine et de son confort matériel. Les ABC sont donc tout bénéf. Il n’y a qu’à voir les shows télé de matchmaking, les candidats ABC sont peu souvent rejetés, à moins qu’ils ne parlent vraiment pas bien le chinois.

Me voilà donc en couple avec un ABC. Un couple mixte ici, ça ne passe jamais inaperçu. Déjà qu’en tant que Laowai, je suis sur le devant de la scène où que je mette un pied, imaginez la stupeur et la prosternation des pauvres Nankinois qui me voient au bras d’un immense chinois. C’est le double bingo super bonus.

Pour être honnête, les couples mixtes sont très fréquents. La majorité des laowai hommes que je connais sont en couple avec des chinoises (à moins qu’ils ne se soient expatriés à deux ou avec leur famille). En revanche, et mes copines peuvent en témoigner, être une femme occidentale et trouver un compagnon chinois est *beaucoup* plus rare. La différence entre les hommes et femmes laowai en couple mixte est de l’ordre de 10 pour 1 je dirais. Comment expliquer ça ? Je n’ai pas les réponses, mais les critères sont nombreux.

Alors on s’amuse dans la rue. On rit beaucoup quand on marche main dans la main. Il est à la fin de la journée bien plus facile de compter le nombre de gens qui ne nous dévisagent *pas* de la tête au pied. Les réactions sont souvent positives, et les expressions à se tordre de rire : les regards nous scannent des pieds à la tête, et fixent successivement ma bouille blanche, sa bouille chinoise, nos mains l’une dans l’autre et retour sur ma tête avec un rictus mal contenu. Celà varie du “Heiiiiiiiin mais quoi?” au “hahaha mort de rire” en passant par le dégout, la colère et le mépris. Mais l’indifférence, jamais.

Encore une fois, j’ai de la chance. Je n’entends pas ce que mes amis hommes endurent quand ils se promènent avec leur femme chinoise, à savoir “voleur”, “ressources volées” et autres commentaires racistes. Apparemment, voler une femme chinoise est un crime contre le pays, mais voler un homme, c’est juste drôle.

Passée la surprise de nous voir ensemble, le double effet kisscool arrive quand on se met à parler. Beaucoup de gens en le voyant à mes côtés s’imaginent qu’il n’est pas chinois. Alors quand il m’adresse la parole en chinois, c’est juste stupeur et tremblements à tous les étages chez les badauds (et moi pour bien enfoncer le clou, je réponds en chinois. Triple effet kisscool) Souvent on lui dit “aaaaaaah mais tu parles bien chinois” “Ben oui, je suis de Nanjing” “Aaaaaaaah bon ???”
Source : chineese-bento.over-blog.com


C’est l’après-midi à l’AUB (American University of Beirut), Fawzi et Shanon (La majorité des prénoms de cet article ont été modifiés) prennent ensemble des photos sur le campus pour un cours artistique commun… Fawzi et Shannon sont en couple depuis 8 mois déjà ; complices, rien ne peut les distinguer des autres couples à l’AUB… juste un détail à son importance : Fawzi est chiite et Shannon Sunnite. Or, dans une société où tout est lié à la religion, la politique d’abord avec ce modèle unique de démocratie basé sur un système confessionnaliste, mais aussi l’éducation, les médias, jusqu’au mariage puisque se marier civilement reste impossible au Liban, ce type d’union “mixte” reste un tabou qui mine beaucoup de couples. Pourtant ce cas de figure se présente très fréquemment , surtout dans une grande ville comme Beyrouth qui favorise le brassage entre les communautés. Beaucoup ne prêtent pas attention à ce genre de détail, les jeunes sortent avec qui ils veulent, en totale liberté… sans mettre forcément leurs parents au courant. Et même quand ils savent, les parents n’y prêtent pas forcément attention à un âge où les relations ne sont pas censées être sérieuses. Tout dépend finalement du degré d’ouverture de la famille sur le sujet. Ainsi, pour cacher une relation à des parents trop rigides, certains sont passés maîtres dans l’art de la discrétion : Rana, de confession sunnite et d’origine syrienne, doit constamment être à l’affut pour ne pas que ses cousines, étudiantes sur le même campus, ne découvrent son histoire d’amour avec un garcon druze.

Le mariage est une composante essentielle de la vie de tout libanais, quelque chose d’extrêmement important, il en va de meme pour la famille qui surveille de près ou de loin les relations qu’entretient leur progéniture, et ce, en vue de cet événement capital. Ainsi dès qu’une relation commence à durer un tant soi peu pour un couple est dès qu’est abordé le sujet du mariage, les choses commencent à changer… radicalement. Parents ouverts ou pas. Lynn, une sunnite qui sort depuis plus d’un an et demi avec un chrétien sans l’avoit dit à son père, le reconnaît elle-même : ” Avoir un copain est très différent du fait de se marier. Quand tu te maries, tu te maries avec toute la belle-famille, si ton copain est issu d’une autre religion cela implique une confrontation avec un tout autre monde, avec des valeurs différentes “, ce qui n’est parfois pas facile à accepter pour les parents . Fawzi constate ainsi que parmi les gens issus de la génération précédente beaucoup de couples mixtes se sont formés puis mariés juste après la guerre civile qui déchira le pays de 1975 à 1990… mais maintenant les difficultés rencontrées pour faire accepter ces unions à cette même generation viendrait de parents qui reporteraient sur leurs enfants les rancoeurs developpées vis-à-vis de l’autre durant cette période de troubles. Comme une vendetta diffuse qui serait toujours d’actualité.

Les bruits vont bon train au Liban, un pays minuscule où tout se sait très vite. Des voisins qui parlent et la rumeur se propage plus vite que la lumière… La pression venant de la société communautariste, le regard des autres, des facteurs qui rendent alors l’union “mixte” invivable. Pour le couple comme pour la famille. Beaucoup de parents veulent absolument éviter d’éveiller l’attention à cause de cela, de créer ces “mini-scandales” de proximité qui peuvent défaire les réputations en un rien de temps.

Dans une société où l’élément familial reste préponderant sur toute autre considération, où la famille est au centre de toutes choses, Rana, amère, admet que c’est “soit ton bonheur, soit celui de tes parents… la plupart des enfants choisissent le bonheur des parents. Dans tous les cas tu n’es pas vraiment heureux.” C’est également une évidence pour Lynn qui place la famille au dessus de tout : “Si ton mec te lâche, vers qui vas-tu aller ? Vers ta famille bien-sûr, elle sera toujours là quoiqu’il arrive. Même dans la pire merde. Il ne faut pas leur tourner le dos et il faut savoir les écouter le moment venu, même si ça fait mal.” La plupart des enfants ne veulent donc pas décevoir leurs parents et s’empêchent délibérement de rester avec la personne dont ils sont amoureux. De nombreux couples doivent ainsi se séparer uniquement à cause de la religion, en se sachant dans l’impasse, en sachant qu’ils ne peuvent aller plus loin dans leur relation. Après une premiere expérience malheureuse, les jeunes apprennent a ne plus s’attacher, mais Fawzi admet qu’il est difficile de trouver un équilibre “entre distance et attachement”. Certains finissent par adopter un comportement radical en s’interdisant dès le départ de sortir avec des personnes issues d’une religion différente… pour éviter cet attachement et pour éviter de souffir après-coup. Et puis enfin il y a ceux qui n’ont pas d’autre choix que de fuire. C’est ce qui est arrivé à Eva, issue de la communaute druze.

Dans le cas de la religion druze, une religion très “fermée” et protective dont la population au Liban est majoritairement concentrée dans les montagnes du Chouf, il est tout simplement inacceptable qu’un homme ou qu’une femme se marie avec une personne issue d’une autre religion. Si cela venait à arriver, le ou la druze serait tout simplement banni(e) de la communauté et ne serait plus consideré(e) comme appartenant à celle-ci. Ainsi, la mère d’Eva, en découvrant un jour que sa fille sortait avec Whard, un garçon musulman, la sequestra chez elle, la privant de tout moyen de communication avec l’extérieur, et ce, en plein milieu de ses études. Prisonnière, elle ne pouvait garder contact avec son petit ami qu’en lui jettant discrètement des petits mots depuis le balcon de sa chambre.

Ce calvaire dura 8 mois. Un jour Whard et ses amis formèrent un convoi pour “enlever” Eva alors qu’elle passait le week-end chez sa grand-mère à la montagne. Enfin libre, elle se sentait invincible et n’avait plus peur de sa famille. Pour Eva et Whard, la chose la plus naturelle à faire après avoir enduré ces 8 mois passés loin l’un de l’autre fût de se de se marier ensemble dans la tradition musulmane. Eva a du donc se convertir pour cela : “je n’ai plus de famille, ce sont les sunnites qui m’ont apporté de belles choses, qui m’ont fait du bien. Je n’avais rien à perdre. Là où j’allais était certainement mieux que là où j’étais.”

De telles histoires si extrêmes restent assez rares mais sont néanmoins révélatrices du tabou bien présent dans la société libanaise à ce sujet, même si à des degrés divers.

Si les couples “mixtes” essaient de ne pas laisser la religion s’immiscer dans leurs sentiments, le pragmatisme se rappelle souvent à eux. Adnan, sunnite, en couple depuis un an et demi avec Yara, athée issue d’une famille chiite, l’admet : “Mes sentiments vont aussi vers ma religion.” Yara enchaîne : “Oui, par exemple que va-t-il se passer si nous avons des enfants, s’il veut qu’ils prient et moi pas ? Alors on se dispute à ce sujet. On sait que c’est quelque chose sur lequel on ne tombera jamais d’accord. Nous sommes plutôt résignés.”

Tout est ainsi histoire de concessions ou de sacrifices selon le degré de croyance de l’un ou de l’autre. Par exemple, Emile se dit prêt à se convertir s’il doit un jour se marier à Lynn : “elle est plus attachée que moi à la religion ; si c’est vraiment la femme de ma vie je serais prêt à le faire… mais je laisserais mes enfants choisir eux-même leur religion” finit-il par préciser. S’ils avaient le choix, beaucoup de couples “mixtes” reconnaissent tout de même qu’il serait bien plus simple et bien plus sûr d’épouser une personne partageant les mêmes croyances. Kinan, bien qu’il soit en couple avec une chrétienne et qu’il soit lui-même musulman, abonde dans ce sens : “ la personne comprend mieux ta mentalité, une grande partie de ta vie, de tes valeurs…c’est une décision plus sage”. Fawzi préférerait lui aussi se marier avec une fille issue de l’Islam mais : “quand on aime on ne choisit pas. La personalite vient avant toute autre considération”.

Au delà de la famille et des croyances personnelles, la loi libanaise rend également ce type d’union extrêmement difficile. Le mariage civil reste prohibé au Liban, seul est reconnu le mariage religieux ; et avec 18 communautés présentant 18 codes de mariages différents, où chaque personne appartenant à une communauté doit obéir au code civil propre à celle-ci, la possibilité de mariage “mixte” est rendue très difficile dans la pratique. Un fait inadmissible pour Bassel Abdallah, coordinateur du Mouvement de la Société Civile, organisation militant pour un état libanais laïque. Dans son combat pour la création d’une loi en faveur du mariage civil il constate avec amertume que les politiques n’ont aucune raison de défendre ce type de mariage. Pour pérenniser leur pouvoir et leur influence il est dans leur intérêt de garder un équilibre démographique entre les différentes communautés ; une façon de maintenir le système politique sectaire en place. Bassel poursuit : “C’est un cercle vicieux. Comme les chefs de clans doivent leurs pouvoir à ce systeme, ils font tout leur possible pour influencer les gens et pour ne pas faire changer les mentalités”. Bassel Abdallah le reconnaît pourtant, la clé réside dans les mains de ces hommes politiques qui disposent d’énormément d’influence sur leurs communautés respectives. S’ils prennent une décision, les gens suivront. C’est un combat qui remonte aux années 40 et pourtant, jamais aucun texte de loi n’a été adopté en ce sens. Le dernier projet en date remonte à 2011 et n’a même pas été débattu en commission parlementaire.

Yara, fervente défenseur du mariage civil, s’emporte face à cela : “ il y a 18 communautés qui cohabitent ici, on ne peut pas continuer d’empêcher les gens de s’aimer comme ils l’entendent. (En s’adressant aux politiciens) D’accord tu crois en Dieu mais ce n’est pas une raison pour se prendre pour lui et décider à la place des gens.”

Tant que cela ne changera pas, les jeunes continueront de s’envoler vers Chypre ou vers la Grèce (les pays les plus proches pratiquant le mariage civil) pour se marier et revenir au Liban avec un contrat reconnu par les cours libanaises. En effet, Le Liban reconnaît bien le mariage civil à l’étranger mais pas sur son territoire. Ce type de voyage, vanté par de nombreuses publicités le long de l’autoroute longeant la côte libanaise, peut cependant s’avérer très onéreux et ne règle pas le problème du leg et de l’héritage entre communautés, qui reste de l’ordre de l’impossible.

Tant que les choses ne changeront pas, les jeunes, les familles continueront de souffrir… alors en attendant, beaucoup préfèrent vivre le moment présent, sans penser à l’avenir. Tant que cela fonctionne. Même s’ils savent pertinemment comment va se finir la relation…tôt ou tard. Rana aime son ami druze et cette fatalité la déprime. Cela la rend folle quand elle constate à quel point la religion affecte les relations ; elle espère simplement que plus tard elle trouvera un homme musulman bien, et qu’elle s’entende avec lui. Dans un soupir, elle déplore : “L’amour est censé être quelque chose de beau, de pur, mais ici la société rend même des choses aussi simples tellement compliquées.”


Vous avez rencontré un Israélien (ou une Israélienne) et c’est le grand amour, le seul hic c’est que vous devenez maintenant un couple mixte et qu’à partir de maintenant les réponses à des questions simples tel que : « Dans quel pays habiter ? », « Quelle langue parler à la maison ? » ou « Quelles fêtes religieuses fêter ? » n’amène pas forcément des réponses évidentes. Chaque couple trouve sa solution et doit se justifier face à son entourage…
Ce blog est né d’une volonté d’explication de ma nouvelle vie à ma famille et depuis sa création je reçois régulièrement des témoignages de couple mixte qui se posent les même questions que moi au moment où j’ai décidé de faire ce grand saut : venir habiter en Israël. Ce post reprend les réponses que je leur ai donné tiré de mes expériences et de mes rencontres avec d’autres couple mixte en Israël, les israéliens sont définitivement très séduisant !
La rencontre
J’ai rencontré mon amoureux israélien dans un bar alors qu’il habitait en France après son service militaire, un classique ! Je ne compte plus les couples que je connais ici qui se sont rencontrés dans des situations simulaires aux quatre coins du monde (souvenez vous les israéliens voyagent énormément, aux Etats-Unis et en Thaïlande en particulier).
Nous avons été chanceux d’avoir pu habiter ensemble quelques années à Paris avant de faire le grand saut, d’autres n’ont pas eu cet période d’essai et sont venus directement rejoindre leur amoureux ou (plus rarement) leur amoureuse en Israël après quelques voyages et de longs mois de relation à distance, bravo !!

Habiter en Israël
Le pays a des tas de bon cotés dont le climat méditerranéen et la proximité de la mer ne sont pas des moindres… Néanmoins ce qui préoccupe tout le monde avant de venir s’installer, c’est la langue, les papiers et bien sûr le travail.
Apprendre l’hébreu n’est pas chose aisée, heureusement les cours à l’Ulpan ne sont pas cher et presque tout le monde parle anglais en Israël (même si j’aurais certainement appris plus vite l’hébreu si j’avais été obligée de le parler tous les jours…).
Ce n’est jamais une partie de plaisir d’affronter une administration pour obtenir un permis de séjour, où que ce soit, en Israël aussi, ce n’est pas rare de faire la queue ou de devoir revenir. Néanmoins comme vous serez avec un israélien votre situation sera relativement « simple », si vous êtes marié cela le sera encore plus et si vous avez habité ensemble précédemment cela se passera sans aucun problème. Il faudra simplement tout prouver avec tous les documents possibles : actes de mariage, factures, loyers, photos de famille, lettre de recommandations, ils sauront tout sur votre vie ! Et en échange vous recevrez un permis de travail pour 6 mois/1an ou, si vous êtes marié, un permis de séjour, l’assurance maladie et la nationalité au bout de 4 ans.
Pour ce qui est du travail tout dépend de votre métier d’origine, ce n’est pas toujours évident d’exercer son métier dans une langue étrangère. Mais Israël étant, par obligation, un pays tourné vers l’étranger, l’Europe et les Etats-Unis en particulier, de nombreuses opportunité de travail existe dans plusieurs domaines : la « Silicon Wadi » a les yeux tournés vers la « Silicon Valley », des touristes arrivent du monde entier pour visiter la terre sainte ou faire la fête à Tel Aviv et la communauté française, de plus en plus importante, amène aussi quelques opportunités de travail en français !

La question du mariage
C’est une question plus délicate qu’il n’y parait pour une simple raison, le mariage civil n’existe pas en Israël. Alors si les deux partenaires ne sont pas de la même religion, ce qui est souvent le cas pour les couples mixte se pose la question du lieu où se marier.
Nous nous sommes marié en France avant de venir et c’est, de loin, la solution la plus facile que je connaisse et qui nous a largement facilité les démarches pour les papier en Israël. Nous habitions à Paris et les démarches administratives se sont révélées assez simple, quelques papiers traduits par un traducteur certifié et 15 minutes à la mairie et nous étions marié ! La fête a eu lieu 2 ans plus tard en France, une bonne occasion pour moi de revoir toute ma famille dont je suis si éloignée et d’offrir un week-end en France à nos invités venus d’Israël.
Si vous n’êtes pas prêt tout de suite, pas de problème ! Vous pourrez toujours vous marier plus tard en France, relativement facile si vous êtes originaire d’ne petite commune, ou à Chypre comme de nombreux israéliens qui cherchent à échapper au mariage religieux.

La question de la conversion
Souvent (pas toujours) les couples mixte franco-israéliens ne sont pas de la même religion. A priori ce n’est pas très grave dans notre société de plus en plus laïcisée et c’est vrai qu’au quotidien cela ne change pas grand chose. C’est même plutôt un avantage quand arrive les fêtes, Pessah en Israël et Noël en France, vous ne manquerez jamais une fête importante dans votre famille !
Le problème de la religion peut néanmoins se poser au moment du mariage (voir ci-dessus) ou d’avoir des enfants. En effet dans la religion juive c’est la mère qui transmet la religion donc même si vous habitez en Israël, élevez vos enfants comme des israéliens, qu’ils parlent hébreu et célèbrent toutes les fêtes juive, si vous n’êtes pas juive ils ne le seront pas ! Et ça cela peut causer plusieurs nuits d’insomnie à votre amoureux israélien aussi laïc qu’il soit.
Après chacun sa réponse, certaines choisissent de se convertir mais il faut savoir que le processus prend plusieurs années et qu’il peut parfois être très contraignant au quotidien. Votre copain israélien va devoir garder sa maison casher, manger casher et ne pas vous toucher pendant 10 jours au moment de vos règles, pas sûr qu’il apprécie finalement… Les motivations de ces femmes sont souvent intellectuelles que ce soit pour s’immerger le plus possible dans la culture de leur pays d’accueil que pour découvrir la philosophie de la religion juive. Parfois, une fois les cours terminés le naturel reprend le dessus et le quotidien revient presque à la normal.
J’ai choisie de ne pas me convertir et mon amoureux israélien ne me l’a jamais demandé. Je tiens néanmoins à fêter les fêtes juives de la même façon qu’il l’a toujours fait dans sa famille, c’est à dire dans le respect des traditions avec un minimum de référence à la religion (de la même façon que je célèbre Noël, le sapin sans la crèche). Nos enfants ne seront pas juifs mais élevé comme des israéliens, seront circoncis et iront à l’armée. En espérant que la société sera aussi tolérante envers eux qu’elle l’est envers moi.

Mon meilleur conseil reste de parler le plus possible de tous ces sujets de tous les autres chocs culturels que vous pourrez rencontrer avec votre amoureux(se), plus les choses sont claires plus elles seront facile à régler. Et si vous avez d’autres questions n’hésitez pas à m’en faire part, j’essayerais de vous répondre avec ma modeste expérience en Israël avec un amoureux israélien.

 


Le célèbre acteur chinois, Liu Ye, s’est marié avec une française nommée Anais Martane.
« Les mariages entre Chinois et Français sont extrêmement courants », affirme Cui Yun, un Chinois originaire de la province du Shandong, qui gère un restaurant avec son beau-frère français Vincent à Beijing.
« Le Français est amical, il ne distingue pas les Asiatiques des autres. On dit que les Français aiment la notion de fraternité. Mais dans les mariages transnationaux, ils rencontrent un défi : il leur est difficile de dépasser la barrière de la langue », poursuit-il.
En Chine, on rencontre souvent des couples mixtes qui ont du mal à trouver l’harmonie, surtout ceux qui font connaissance sur Internet. Imaginez : un couple dîne au restaurant, incapable de parler en raison de la barrière linguistique. Le sourire devient le seul vecteur de communication de toute la soirée.
Selon Julien, un Français domicilié à Nanning dans le Guangxi (sud-ouest de Chine), « la langue est un problème majeur des alliances sino-françaises. Si les deux maîtrisent l’anglais, le couple parvient à exprimer ses sentiments, et les deux personnes peuvent se comprendre et s’entendre de mieux en mieux ».
Julian a épousé une belle jeune femme chinoise. « J’ai commencé à m’intéresser à la culture chinoise très tôt et ma capacité d’adaptation est bonne. De plus, mon épouse est une femme de bon sens, notre relation est très harmonieuse ». Néanmoins, sur le sujet du mariage transnational, les époux reconnaissent que le bonheur des couples est loin d’être acquis d’avance.
« De nombreux Occidentaux ont le désir de trouver une femme vertueuse et sage en Asie, mais ils négligent souvent les différences culturelles et les obstacles sont parfois durs à surmonter », explique Julien.
« C’est difficile », admet Cui Yun. « Les divergences sont partout : la langue, les habitudes de vie, les repas et l’éducation. Les couples ne découvrent ces divergences qu’en vivant ensemble pendant quelque temps. Les contradictions quotidiennes provoqueront, tôt ou tard, une tension entre les deux parties ».
La France est l’un des pays qui enregistrent le plus de mariages transnationaux au monde. Entre 1996 et 2006, le nombre d’unions entre Français et étrangers a doublé. En France, un couple sur six est mixte. En prenant en compte les 50 000 couples qui s’enregistrent outre-mer, la proportion peut atteindre un tiers.
« Les Français voient une ligne claire entre bon et mauvais, et ils insistent souvent sur la validité de leur point de vue. Si l’on veut aboutir à un accord, il faut avoir prendre le temps de se connaître et s’imprégner des deux cultures différentes », analyse Cui Yun.
french.china.org.cn

Le célèbre acteur chinois, Liu Ye, s’est marié avec une française nommée Anais Martane.

 

« Les mariages entre Chinois et Français sont extrêmement courants », affirme Cui Yun, un Chinois originaire de la province du Shandong, qui gère un restaurant avec son beau-frère français Vincent à Beijing.

« Le Français est amical, il ne distingue pas les Asiatiques des autres. On dit que les Français aiment la notion de fraternité. Mais dans les mariages transnationaux, ils rencontrent un défi : il leur est difficile de dépasser la barrière de la langue », poursuit-il.

Unions sino-françaises : difficile de dépasser la barrière de la langue

Unions sino-françaises : difficile de dépasser la barrière de la langue

En Chine, on rencontre souvent des couples mixtes qui ont du mal à trouver l’harmonie, surtout ceux qui font connaissance sur Internet. Imaginez : un couple dîne au restaurant, incapable de parler en raison de la barrière linguistique. Le sourire devient le seul vecteur de communication de toute la soirée.

Selon Julien, un Français domicilié à Nanning dans le Guangxi (sud-ouest de Chine), « la langue est un problème majeur des alliances sino-françaises. Si les deux maîtrisent l’anglais, le couple parvient à exprimer ses sentiments, et les deux personnes peuvent se comprendre et s’entendre de mieux en mieux ».

Julian a épousé une belle jeune femme chinoise. « J’ai commencé à m’intéresser à la culture chinoise très tôt et ma capacité d’adaptation est bonne. De plus, mon épouse est une femme de bon sens, notre relation est très harmonieuse ». Néanmoins, sur le sujet du mariage transnational, les époux reconnaissent que le bonheur des couples est loin d’être acquis d’avance.

« De nombreux Occidentaux ont le désir de trouver une femme vertueuse et sage en Asie, mais ils négligent souvent les différences culturelles et les obstacles sont parfois durs à surmonter », explique Julien.

« C’est difficile », admet Cui Yun. « Les divergences sont partout : la langue, les habitudes de vie, les repas et l’éducation. Les couples ne découvrent ces divergences qu’en vivant ensemble pendant quelque temps. Les contradictions quotidiennes provoqueront, tôt ou tard, une tension entre les deux parties ».

La France est l’un des pays qui enregistrent le plus de mariages transnationaux au monde. Entre 1996 et 2006, le nombre d’unions entre Français et étrangers a doublé. En France, un couple sur six est mixte. En prenant en compte les 50 000 couples qui s’enregistrent outre-mer, la proportion peut atteindre un tiers.

« Les Français voient une ligne claire entre bon et mauvais, et ils insistent souvent sur la validité de leur point de vue. Si l’on veut aboutir à un accord, il faut avoir prendre le temps de se connaître et s’imprégner des deux cultures différentes », analyse Cui Yun.

french.china.org.cn


Bonjour,
Nous nous présentons: Amandine, française, 24 ans et Malek, 33 ans d’origine marocaine.
Nous sommes parents d’un petit Yanis de quatre ans.

On sponsorise notre mixité

On sponsorise notre mixité

Nous nous sommes rencontrés il y a sept ans, tout nous séparé : notre mode de vie, notre différence d’âge, nos confessions religieuses et notre éducation.
Notre couple? Personne n’ y croyait, à tel point que parfois on en doutait nous même….
Depuis notre rencontre, nous rêvons de nous unir par les liens du mariage mais le contexte ne s’y prettait pas trop, jusqu’à ce qu’on décide de faire nous même évoluer les circonstances!
De budget tres limité, nous avons décidé d’utiliser le sponsoring pour promouvoir cette mixité et s’offir un mariage pas comme les autres…
Nous allons organiser un mariage où fusionneront les deux cultures, un mariage pacifique et unique!
La mixité devient de plus en plus courante de nos jours, pourtant les tabous restent inchangés.
Cela dérange toujours les gens “qu’une fille comme moi soit avec un gars comme lui”
Tabous, apprioris, … Nous souhaitons montrer que la différence est une richesse et qu’il faut savoir y faire face plutôt que de s’en cacher.
Nous sommes actuellement en phase de médiatisation et nous comptons des partenaires tant orientaux que occidentaux.
Ces partenaires sont heureux de participer à ce projet car il est positif et juste.
Venez nous retrouver sur notre site : www.cnotremariage.fr/malikamandine84
A trés bientôt
Amandine&Malek


Il est vrai qu’utiliser le mot « mixte » pour qualifier un couple tend à catégoriser les êtres qui le composent et à souligner leurs différences. Cependant, il est nécessaire de reconnaître ce qui nous différencie lorsque, au-delà de l’enrichissement par la différence, les obstacles surviennent au sein du couple mixte.
Il convient de définir ce que peut représenter le qualificatif « mixte ». Il peut s’agir d’un couple de religions différentes avec deux origines différentes ou non, ou bien d’un couple de même religion avec deux cultures différentes. Nous allons donc nous attarder, ici, sur le second cas, c’est-à-dire sur la mixité des origines mais non sur celle de la spiritualité, car les difficultés pouvant survenir au sein du couple où se côtoient deux religions différentes sont peut-être plus évidentes que celles pouvant entraver l’harmonie du couple mixte de même religion. En outre, nous aborderons le thème du couple mixte de religion musulmane.

En islam, les êtres humains sont unis dans l’humanité et cette unité est soulignée dans le noble Coran en ces termes : « O hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’une personne unique, et d’elle son épouse, et qui des deux a fait foisonner profusion d’hommes ainsi que de femmes » (verset 1, sourate 4). Le noble Coran rappelle également que les êtres humains sont issus de milieux divers afin qu’ils se connaissent les uns et les autres par leur diversité justement, dans le verset suivant : « O hommes ! Nous vous avons créés d’homme et de femme, et nous vous avons désignés en nations et en tribus pour que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est celui qui se conduit le plus pieusement. Dieu est celui qui sait. Celui qui a connaissance de tout. » (verset 13, sourate 49).
Le noble Coran précise également que « les croyants ne sont que des frères » (verset 10, sourate 49). Au regard de l’unité humaine et de la fraternité spirituelle que propose l’islam ainsi que devant la diversité qui rapproche en islam, la différence entre les deux êtres qui composent le couple mixte musulman devrait être un enrichissement incomparable et une source d’harmonie basée sur la connaissance de l’autre dans le respect de son humanité, de sa spiritualité et de sa diversité.

Cependant, parfois, des obstacles liés à la différence de culture surviennent ; ils peuvent toutefois être surmontés avec sagesse si l’on sait les reconnaître et les analyser. Premièrement, penser que le seul fait d’être croyants et musulmans au sein du couple peut empêcher à lui seul des conflits liés à la proximité de deux cultures différentes serait une erreur. La croyante et le croyant musulmans sont avant tout des êtres humains avec une histoire, un passé, une mémoire, une dimension psychologique propre à chacun, une éducation différente ; toutes ses composantes humaines doivent être prises en compte dans la considération de l’autre. Surmonter les obstacles liés à la différence reste possible avec bien évidemment la foi et l’amour si l’on sait faire preuve de beaucoup d’écoute, de réflexion, de compréhension.

Tout d’abord, il serait opportun que chacun des deux membres du couple se souvienne de ce que devrait être le couple : une complémentarité de deux êtres basée sur le dialogue et la consultation (ach-choura), principe essentiel en islam. Le dialogue est au cœur de l’islam. Le principe de consultation, qui concerne aussi bien la société en général que la famille, est explicité dans le noble Coran en ces termes : « Les affaires « des croyants) sont objets de consultation entre eux » (verset 38, sourate 42). Lorsque l’on se consulte, on se raconte, on se confie et l’on fait confiance. L’époux ou l’épouse à qui l’on se confie se sentira alors valorisé par cette preuve de confiance, preuve d’amour. Le modèle prophétique illustre l’ancrage de cette dimension de dialogue en islam. Le prophète Mohammed ( paix et salut sur lui) avait un caractère ouvert et il n’hésitait pas à favoriser l’échange de mots tendres avec Aïcha, son épouse (que Dieu soit Satisfait d’elle). Un jour, celle-ci le questionna sur l’amour qu’il lui portait en ces termes : « Comment est ton amour pour moi ? » et le prophète ( paix et salut sur lui) lui répondit : Comme un nœud dans une corde (…) ». Le prophète Mohammed ( paix et salut sur lui), notre modèle, n’a pas donné une réponse vague à son épouse et il n’est pas non plus resté silencieux face à l’interrogation de son épouse, bien au contraire, il répondit avec précision et tendresse. Un autre trait de caractère du prophète reste le meilleur moyen pour une relation sereine entre les époux : il était exigeant envers lui-même et plein de pardon envers les autres. Il est essentiel que chacun travaille sur soi et n’exige pas trop de l’autre. La dimensions de pardon et aussi de patience, qui sont au cœur de la spiritualité musulmane, faciliteront cette démarche de tolérance et de respect de l’autre dans ses différences.

Le dialogue reste le premier pas vers la compréhension de l’autre dans sa diversité. Ensuite, la seconde démarche consiste à faire un effort d’analyse et de compréhension de la culture de l’autre et à ne pas rejeter aveuglément un phénomène culturel que l’on ne comprend pas au premier abord ( s’il n’est bien évidemment pas en contradiction avec les principes de l’islam auquel cas l’un se doit de le rappeler à l’autre). Il convient de toujours méditer et analyser en premier lieu. Les discussions, les voyages dans le pays d’origine, les lectures sont autant de moyens pour une connaissance meilleure de la culture de l’autre. Et quel enrichissement ! L’apprentissage de la langue maternelle de l’époux ou de l’épouse (si elle est différente de la langue usitée au quotidien par les époux) est essentiel notamment pour la nécessité de converser avec les membres de la belle-famille et ainsi de mieux connaître encore et toujours les racines de son époux(se), et de ne pas rester en marge lors de discussions familiales notamment. L’utilité de cet effort à fournir est considérable afin d’éliminer la barrière du langage qui entrave la connaissance profonde d’une population.

Cette ouverture d’esprit au monde de l’autre est illustrée par un hadith du prophète Mohammed ( paix et salut sur lui ) lorsqu’il nous dit : « Recherchez la science jusqu’en Chine ». L’islam invite à la recherche de ce qui est utile et bon (selon les critères de l’islam) chez tous les peuples musulmans ou non. Un autre hadith du prophète Mohammed ( paix et salut sur lui) explique que «  Dieu est Bon et n’accepte que ce qui est bon ». Ainsi, au sein du couple mixte musulman, ni l’épouse ni l’époux ne doivent rejeter la culture de l’autre dans son ensemble ; bien au contraire, il doivent tous deux prendre ce qui peut leur être bénéfique et laisser ce qui peut leur être néfaste selon leurs valeurs islamiques. Ainsi, ni l’un ni l’autre ne doit dénigrer la culture de l’autre et encore moins l’insulter ni médire du peuple de son pays d’origine. La critique reste possible lorsqu’elle est positive et qu’elle vise des actes non conformes à l’islam (et non tout un peuple en général ce qui serait injuste et contraire aux valeurs du respect de l’autre dans sa diversité enseignées par l’islam). La critique devrait se faire avec sagesse , modération et dans un objectif d’utilité morale et ne pas viser des personnes identifiées ( il s’agirait alors de médisance, caractère prohibé en islam). Cette démarche exige un effort de réflexion approfondie et de prise de recul par rapport aux conceptions que l’on a de ce qui est différent de nous-mêmes ainsi les préjugés (dus très souvent à la peur de l’inconnu) pourront être évincés au bénéfice d’un rapport ouvert et enrichissant à l’autre dans sa diversité.

L’être humain est complexe, c’est un tout qui comprend la dimension de la mémoire ; une mémoire que l’on doit respecter chez chacun. C’est pourquoi, au sein du couple mixte musulman, d’aucun n’a le droit de demander à l’autre de se déraciner, de se couper de sa mémoire. Il semble essentiel de soulever un point important : lors d’une conversion d’une personne à l’islam, ce que la religion musulmane demande à cette personne, c’est, certes, de se conformer aux principes islamiques, mais ce n’est certainement pas de se couper de sa culture dans son ensemble, ni de son passé (il abandonnera ce qui est en contradiction avec les principes islamiques). La conversion est en fait une continuité dans la vie d’un être qui est revenu à Dieu et qui va exploiter ce qu’on lui a légué de bon dans son éducation et corriger ses défauts. En aucun cas, il lui est demandé de changer de culture. D’autre part, un être humain ne se définit pas uniquement par sa culture d’origine et ce n’est pas lui non plus qui est à l’origine de sa culture. Il n’a pas à assumer toute sa culture, il ne l’a pas inventée lui-même. C’est pourquoi il serait injuste que l’un ou l’autre des époux se sente coupable ou culpabilise l’autre par rapport au décalage de certains phénomènes culturels de son pays d’origine par rapport aux valeurs de la religion musulmane communes à tous deux ; de même, qu’il ne serait pas équitable d’idéaliser sa propre culture au détriment de celle de l’époux(se).

La mémoire de chacun respectée, le couple pourra alors apprendre à s’enrichir dans sa diversité et offrir cette même dimension enrichissante de la mémoire à leurs enfants qui est essentielle et structurante pour ces derniers. Comme ses parents, l’enfant issu d’un couple mixte musulman aura le bénéfice d’une éducation basée sur la spiritualité commune de ses parents et en même temps sur la richesse de la diversités de ses origines. L’enfant aura donc besoin de repères solides concernant ses origines. Il sera essentiel que l’un des deux parents ne fasse pas abstraction de sa propre culture car elle fait partie intégrante de l’identité de son enfant. Il est important pour l’enfant d’éprouver le respect de chacune de ses origines, respect qui sera communiquer par les parents ; d’où l’importance que les parents aient une vision positive des deux cultures du couple. De même, l’apprentissage des langues maternelles des deux parents reste un enrichissement exemplaire pour l’enfant qu’il serait très utile de préserver.

Le couple mixte musulman peut avoir à faire face à des obstacles dans le quotidien malgré une spiritualité commune. Il aura certainement à surmonter plus d’épreuves relationnelles que le couple non mixte. Cependant, en se souvenant du but commun qui unit l’époux et l’épouse musulmans, à savoir la satisfaction de Dieu, tout conflit pourra, inch Allah, être résolu avec esprit de sagesse, d’écoute, de méditation et de compréhension. Il est aisé de comprendre que l’expérience humaine du couple mixte favorise l’esprit de tolérance et d’ouverture au monde, sources d’enrichissement humain extraordinaire. L’union dans leur spiritualité commune, celle de l’islam qui encourage la connaissance des peuples, les aidera fortement à transmettre, dans la sérénité, la richesse de leur différence d’origines à leurs enfants, qui bénéficieront ainsi d’un éveil au monde basé sur la connaissance profonde de la diversité des êtres humains.

A la lumière de la révélation coranique et de la tradition prophétique, on comprend qu’en islam, la diversité rapproche les êtres et les enrichit. Cependant, tout couple connaît des conflits qui sont autant d’épreuves à surmonter. Ne pas nier ces problèmes relationnels revient à rappeler aux êtres leur complexité et en même temps leur profondeur ; en outre, cela nous permet de réfléchir sur l’utilité de la mise en place de postes de conseillers conjugaux au sein de nos associations afin d’aider les êtres à dénouer des crises relationnelles qui seraient persistantes. Qu’Allah nous aide à la réflexion pour l’évolution de notre communauté.

Sources http://www.lffm.org/


Je suis tranquillement assise au fond du bus. A la place du noir, comme d’habitude. Un jeune couple entre dans le véhicule main dans la main. Ils ont l’air très amoureux. Le garçon est noir et la fille est blanche. Ca plait pas. J’entends une femme noire à côté, marmonner des méchancetés. Elle sort ses yeux revolver et le regard qui tue. Elle n’apprécie décidément pas le métissage…

Est-ce le métissage qu’elle n’apprécie pas ? Ou le fait qu’un homme noir soit avec une femme blanche ? Question compliquée, réponse compliquée. On peut dire que Mr Jalousie est passé par là, effectivement.

A l’âge de 16 ans je voyais peu de couples métissés noir-blanc. J’entendais même des filles blanches dire: « Ah non les noirs sont moches, ils ont des grosses bouches et des gros nez ». Alors que s’est-il passé en l’espace de 10 ans ? Un tabou est tombé. Tout simplement. Le monde a changé. Dans le bon sens. Pour une fois, j’ose dire. Cependant, la femme noire l’a dans l’os quand même. Dans un monde où on ne lui fait pas la part belle, voilà qu’on lui dérobe son potentiel mari n°1. L’homme noir. Et ça, ça fait passablement chier. On a beau se tourner vers les hommes blancs. Tant qu’on est pas une copie de Naomi Campbell ou d’Alicia Keys. De ce côté là, pas la peine d’essayer. Et ça, ça fait re-chier.

Je ne suis pas comme certains ploucs du Val d’Oise. J’essaie pas de comprendre pourquoi les hommes noirs aiment les blanches. Personnellement j’en ai rien à cirer. Cela n’a pas d’importance. Quand on tombe amoureux, on s’amourache d’une personne pas d’une couleur de peau. Après des cons diront que c’est parce que c’est à la mode, ça fait des beaux bébés métisses…

Il y en a même qui vont plus loin. Selon eux les hommes s’éloignent des femmes noires parce que :

1° “Elles sont grosses, trop fortes, trop raisonnées, trop indigentes, trop matérialistes”. Notez que la femme noire est abonnée aux hard, tellement hard que s’en est indécent, discount. Achetez des yahourts de la marque Auchan, et c’est Noël.

2° “La femme blanche est un trophée pour l’homme noir qui a réussi”. Notez que Barack Obama et Harry Roselmack sont mariées avec des femmes noires. Alors pouet-pouet tome de chèvre…

3° “la femme blanche couche facilement donc du pain béni pour l’homme noir”. Notez que je suis une femme noire et je suis pas farouche. Alors pouet-pouet camembert…

Alors c’est quoi ces salades… mal assaisonnées ! Des remarques colportées par des gens aigris et constipés depuis 1983, lancées froidement sur les forums de sites internet. Malheureusement, on ne peut pas racheter des neurones aux gens qui ont écrit ces sheitaneries…

Par Mademoiselle uglysally http://www.uglysally.com


« Nos parents avaient peur »

« C’est déjà compliqué d’être en couple, alors pourquoi se rajouter des difficultés en épousant une personne de culture et de religion différentes ? » Incompréhension et inquiétudes furent les premières réactions des familles d’Hicham et de Nathalie, à l’annonce de leur décision

de s’unir pour la vie. Conscients des barrières culturelles, ces derniers ont attendu quatre ans avant de parler de leur histoire d’amour. Lui, est musulman, né en Normandie de parents marocains, et elle est chrétienne, née en Martinique.

« Mes parents ne connaissaient aucun couple mixte. J’ai dû les rassurer notamment sur la place de la femme et l’éducation des enfants », explique Nathalie, qui a réussi, à force, à faire accepter son couple. Du côté des parents d’Hicham, les préjugés furent plus solides : « Ils vivent en France depuis trente ans, mais ils n’envisageaient pas qu’un de leurs quatre fils puisse se marier avec une fille sans origine marocaine. » « Notre cœur a battu jusqu’au mariage. Car les parents d’Hicham refusaient de venir, mais ils ont changé d’avis au dernier moment. La veille de la cérémonie, nos parents se sont rencontrés pour la première fois et ont appris à se connaître », raconte, émue, Nathalie. Les deux tourtereaux se sont finalement dit « oui » l’été dernier, à l’église de Savigny-sur-Orge, avec le père Jacques Pe, un pionnier des unions mixtes. Et ils ont aussi organisé une cérémonie religieuse musulmane.

Mais ne parlez pas de « différence religieuse » à Hicham : « Il est plus difficile pour un croyant d’être avec une non-croyante. Nath et moi sommes très pratiquants, ce qui nous rapproche. » Et Nathalie d’ajouter : « Nos deux familles ont désormais l’esprit plus ouvert. Nous avons moins de tabous et abordons les sujets sensibles. » Aujour­d’hui installé dans un charmant appartement à Orléans, mélangeant style marocain et antillais, le couple pense aux enfants : « Nous leur donnerons les bases d’une éducation religieuse, mais nous les laisserons libres de choisir leur foi. »

par Céline Marcon

Sources http://www.lavie.fr/


Vous êtes de plus en plus nombreux à souhaiter vous marier à Shanghai. Les formalités diffèrent selon la nationalité de votre futur conjoint.
Si votre futur conjoint est français

Le consulat est en mesure de publier les bans et de vous délivrer le certificat de capacité à mariage réglementaire. Le mariage peut être célébré dans les locaux du Consulat. Votre commune de résidence en France sera consultée visoterra-chine-lijiang-6203si vous résidez à Shanghai depuis moins d’un mois. L’acte de mariage sera ensuite enregistré sur les registres d’état civil français du Consulat et dans les registres du Service central de l’état civil à Nantes, compétent pour l’étranger.
Si votre futur conjoint n’est pas français

Le mariage devra être enregistré devant les autorités chinoises. Ces dernières vous demanderont un certificat de capacité à mariage, à solliciter au préalable au Consulat au cours d’une audition. Une fois le mariage enregistré par les autorités chinoises, une demande de transcription dans les registres de l’état civil français devra être déposée au Consulat.

Il est également possible de célébrer le mariage en France, il convient alors d’entamer la procédure dans la commune concernée en France, qui sollicitera une publication des bans au Consulat. Il conviendra ensuite de solliciter pour le futur conjoint étranger un visa de court séjour en vue de mariage ou de long séjour en vue d’installation. Dans tous les cas, le Consulat procèdera à l’entretien prescrit par le Code Civil, afin de détecter les mariages de complaisance.

Un contrat de mariage peut être signé au Consulat, avant le mariage sur envoi d’un projet rédigé par un notaire en France. Une fois l’acte de mariage dressé ou transcrit au Consulat, votre conjoint pourra solliciter un visa de circulation (lui permettant de circuler librement dans l’espace Schengen pendant des périodes n’excédant pas 90 jours sur 6 mois, visa valable un an renouvelable).

Il pourra également solliciter un visa d’installation. Les formalités d’obtention d’un visa pour conjoint de français sont simplifiées, et les délais entre le dépôt du dossier et l’obtention du visa sont d’une semaine environ. Après quatre ans de vie commune à compter du mariage, et à condition que votre mariage ait été transcrit dans l’état civil français, votre conjoint étranger pourra solliciter la nationalité française. Cette durée est portée à cinq ans si votre conjoint ne peut justifier d’un séjour continu en France de trois ans sur les quatre ans de vie commune, ou si vous ne pouvez justifier d’une inscription continue au Registre des Français établis hors de France (inscription au Consulat) durant ces quatre ans.

Le conjoint étranger doit en outre justifier d’une connaissance suffisante de la langue française. Pour les questions relatives au mariage, le Bureau de l’état civil du Consulat est à votre disposition au 6135 2064 ou au 6135 2051.
Conseils pratiques : Etablir un contrat de mariage en Chine

En application de l’article 19 de la Loi sur le mariage de la RPC du 10 septembre 1980, modifiée le 28 avril 2001, si les futurs époux souhaitent, avant l’enregistrement, rédiger un contrat de mariage, ils devront le faire par écrit et pourront s’adresser utilement à un notaire FRANCAIS, déterminant avec l’aide de ce dernier les modalités de ce contrat et lui demander de faire parvenir par courriel le projet d’acte authentique à établir au consulat général de France à Shanghai afin de pouvoir signer le contrat de mariage établi selon le projet.

Ils ont également la possibilité de rédiger un contrat au cours du mariage selon la même procédure pour transformer le régime de leur mariage. A défaut de contrat de mariage, et s’ils établissent leur domicile commun en Chine, les époux seront soumis au régime matrimonial légal de droit chinois, à savoir le régime de communauté d’acquêts (articles 17 et 18 de la Loi sur le mariage).

Le contrat de mariage, en langue française, peut être aussi déposé auprès du Consulat français si le mariage y est transcrit.


Rodney, 30 ans, et Hélène, 27 ans

Rodney, Français d’origine gabonaise : « Je suis né en France de parents gabonais. J’ai vécu au Gabon de 6 à 13 ans. Je suis fortement attaché aux deux cultures. Il y a beaucoup à apprendre des cultures africaines, beaucoup moins individualistes que les sociétés occidentales. Dans la vie commune, tous les couples ont des différences culturelles. La richesse du couple mixte, c’est peut-être qu’il est plus évident d’en parler, ce qui crée une plus grande compréhension réciproque. Si on a des enfants, je souhaite qu’ils reçoivent les deux cultures. On peut leur offrir le meilleur des deux, pourquoi s’en priverait-on ? »

Hélène, Française : « Depuis que nous sommes ensemble, je découvre le racisme de la société française. Il est souvent lié à l’ignorance. Comme lorsque nous nous sommes mariés au Gabon et qu’en voyant les photos bousculer_les_prejuges_mode_unecertaines personnes se sont étonnées que je ne me sois pas mariée dans une case. Mes parents sont très tolérants, heureusement, car deux de mes trois frères vivent avec des femmes d’origine étrangère. »

Loïc, 36 ans, et Yating, 28 ans

Loïc, Français : « Nous nous sommes rencontrés devant une boîte de nuit en 2002. Nous avons vécu ensemble très vite et nous sommes mariés à Paris. Les problèmes administratifs ont commencé en 2007. Yating était retournée en Chine pour voir sa famille et elle n’a pu obtenir de visa pour revenir. Nous sommes restés séparés plus d’un an. Cela a été très éprouvant. Enfin, après de multiples recours, elle a pu venir me retrouver en septembre et nous attendons désormais un permis de séjour d’un an. Cette épreuve nous a vraiment soudés. Ma famille bretonne a accepté Yating sans aucun problème. Elle l’a accueillie comme une personne et non comme la ressortissante d’un pays étranger. D’ailleurs, autour de nous, la curiosité est toujours bienveillante. »

Yating, Chinoise : « Lorsque l’on s’est mariés, nous sommes partis dans ma famille pendant trois mois. Ma mère était très contente de rencontrer Loïc. Les enfants, on n’y pense pas vraiment car on vient de se retrouver, mais quand ça arrivera, je veux qu’ils reçoivent la double culture, ils apprendront le chinois comme le français. »

Sébastien, 37 ans, Martine, 37 ans, Tanguy, 9 ans, et Marie-Lou, 5 ans

Sébastien, Français : « J’ai rencontré Martine quand j’étais en coopération à Yaoundé, en 1995. Nous nous sommes mariés au Cameroun en 1998 car la France exigeait un visa de futur conjoint impossible à obtenir. Ma famille avait peur de la pauvreté. La question de la différence de couleur, de culture n’est finalement pas le noeud du problème. Au départ, c’est l’argent le principal obstacle. Après dix ans de mariage, j’ai l’impression que nous avons dépassé les clivages culturels : au début tu analyses tous les problèmes au regard de ces différences et puis tu finis par te rendre compte que tu cherches des explications là où il n’y en a pas. »

Martine, Française d’origine camerounaise : « Je viens d’un milieu très pauvre. Au départ, ça n’a pas été facile d’être assimilée à celle qui va profiter des autres. Mes beaux-parents avaient peur que je ne fasse venir toute ma famille en France ! Peu à peu, les choses se sont apaisées. Nous revenons d’un voyage à Yaoundé avec les enfants, et je me dis qu’il faut y aller plus souvent, pour qu’ils voient leurs cousins, leurs grands-parents, et comprennent leur façon de vivre, si éloignée de la nôtre. »


Elle aime un Russe et compte l’épouser en France. Mais l’ambassade à Moscou dit « niet ». Nadia et Vladimir ne comprennent pas pourquoi.
A regarder ses grands yeux bleus dans l’ovale de son visage pâle, on comprend pourquoi Nadia Louys est tombée amoureuse d’un Russe. Elle a elle-même cette délicate carnation des gens de l’Europe de l’Est ; et à l’image des héroïnes de Tolstoï, recèle une volonté opiniâtre sous de doux traits. Sauf qu’actuellement, ce n’est pas Guerre et Paix qui la tourmente, mais son mariage en France avec Vladimir.

Tout commence en 2001. Nadia, 15 ans, vit à Lorient. Grâce aux contacts que la ville de Lanester entretient avec la Russie, l’adolescente part en colonie de vacances dans le Tatarstan. A 700 km au sud de Moscou, cette petite république autonome compte 4 millions d’habitants. Nadia et son groupe se retrouvent à Naberejnye Tchelny, une ville située à quatre heures de voiture de Kazan, la capitale. C’est là qu’elle rencontre Vladimir Salnikov. russe-de-poche-assimil_russe-de-poche-assimil_Il a son âge, ils s’apprécient. Nadia revient l’année suivante. Ils gardent le contact. Les enfants grandissent, l’amour s’installe. Nadia fait plusieurs séjours en Russie, le dernier remonte à septembre. Vladimir découvre la France. Il était à Lorient en avril dernier. Elle lui a fait découvrir Groix, main dans la main.

Un refus non justifié

Leurs mains, justement, n’attendent plus que des alliances. Nadia et Vladimir doivent s’épouser le 11 avril à Lorient. Les bans ont été publiés, les costumes et le traiteur sont réservés, la famille et les amis invités. Mais début février, l’ambassade de France a Moscou a rendu un avis négatif sur la demande de visa long séjour en France déposée par Vladimir. Sans justification à l’appui.

Nadia est consternée : « Nous ne comprenons pas. Nous avons suivi toutes les procédures, nous avons fourni la tonne de papiers qui étaient demandés. Il nous a fallu produire des photos de nous deux et de nos deux familles, comme preuve de notre liaison. En général, les gens préfèrent demander un visa touristique pour se marier et obtenir un visa long séjour après. Nous, nous voulons être honnêtes. Notre démarche est sincère, il ne s’agit pas d’un mariage blanc. »

Mariage ici ou en Russie ?

Au Tatarstan, Vladimir est ingénieur auprès de Kamaz, la marque de camions. A Lorient, Nadia achève sa deuxième année de master « Responsable de développement à l’international » à l’UBS. Face au refus de l’ambassade, elle ne veut pas en rester là. La future attachée commerciale s’interroge sur son avenir professionnel : « Du coup, si le mariage n’est pas possible en France, je vais peut-être devoir partir en Russie. Je trouverai à Moscou, il y a du travail pour les Européens ».

Mais avant d’opter pour le départ, la jeune femme veut épuiser tous les recours. « Je me suis rendue au tribunal, à la sous-préfecture, personne n’est au courant. » Nadia est allée jusqu’à envoyer un courriel à une association qui s’occupe de demandeurs d’asile. Et un fax à l’ambassade pour demander un réexamen de leur dossier.

Tout est si clair dans la tête de Nadia : « C’est un mariage. Quelque chose de naturel. Deux personnes qui se rencontrent et qui s’aiment. Nous aurions pu très bien nous marier en Russie. Si nous choisissons la France, c’est en rapport avec mes perspectives professionnelles. » Nadia n’est pas désespérée et cherche une solution. En russe, Nadia s’écrit Nadejda et ce prénom veut dire Espérance.

Jérôme GAZEAU

Version en ligne : http://www.ouest-france.fr


Entretien avec Isabelle Levy, spécialiste des pratiques religieuses

Pour son livre Vivre en couple mixte*, Isabelle Levy, spécialiste des pratiques religieuses, écrivain, conférencière et formatrice, a rencontré une cinquantaine de couples mixtes appartenant au 7 grandes religions levyisabelle150(catholique, musulmane, orthodoxe, protestante, juive, bouddhiste et hindouiste). Après un exposé très complet sur la position de chaque religion sur la question, l’auteur en arrive à la conclusion que mixité du couple et préceptes religieux ne font pas toujours bon ménage. Entretien.

PBM – Les grandes religions accordent-elles toutes la même importance au mariage ?
Isabelle Levy – Absolument. Mieux, le mariage est, pour les sept grandes religions, obligatoire pour vivre à deux. A contrario, la simple vie maritale est donc interdite ! Et quand je parle mariage, je ne parle pas de la cérémonie civile à la Mairie qui n’a absolument aucune valeur pour elles. Seul le passage dans un lieu de culte, que ce soit le Temple, l’Eglise, la Synagogue ou la Mosquée compte.

Pourquoi le sujet des couples mixtes est-il encore tabou en France ?
Il ne l’est pas dans la presse qui en parle assez facilement. Il l’est en revanche dans les familles. Je vois deux grandes raisons qui sont liées pour expliquer ce tabou. D’une part, il faut bien comprendre qu’il y a souvent une ignorance des autres religions. Ce sont de grandes inconnues qui font peur. Du coup, la famille ne sait pas trop comment se comporter en présence de l’ « autre », ce qui est interdit, ce qui est autorisé. D’autre part, et cela découle directement de ma première explication, les parents ont peur que leur enfant perde tout ou partie de l’éducation reçue, qu’il trahisse une culture familiale ancestrale. De nombreuses questions restent en suspens et sont longtemps sans réponses pour les parents. Il en est ainsi par exemple de l’éducation des enfants qui constitue souvent un point de friction important.

Peut-on dire que les religions sont des freins à la mixité culturelle des couples ?
Il suffit de lire les grands textes religieux pour comprendre que les religions ne sont pas pour la mixité ! Certes, avec une dispense de culte, l’Eglise catholique autorise le mariage entre un catholique et un musulman quel que soit le sexe. L’Islam différencie : il autorise pour l’homme le mariage avec une chrétienne ou une juive mais s’ oppose formellement à ce que la femme musulmane se marie en dehors de sa confession. Elle a pour obligation d’épouser un musulman afin que sa descendance soit reconnue par sa communauté d’origine. Chez les Juifs, la règle est encore plus claire : les deux futurs mariés doivent être de confession hébraïque. Si les conjoints ne partagent pas la même religion, la loi juive ne peut les engager l’un envers l’autre. Aucune co-célébration, voire même bénédiction, n’est possible pour cette union.

N’y a-t-il pas eu des assouplissements ?
Il y a effectivement quelques assouplissements, principalement chez les Chrétiens. Néanmoins, cela reste limité. Le judaïsme orthodoxe reste très strict et n’encourage toujours pas la conversion pour motif marital. On note néanmoins une position plus ouverte du Mouvement juif libéral de France (MJLF) sur ce point. Aujourd’hui, de nombreux couples mixtes qui se marient veulent une forme de « religion à la carte » : ils veulent les avantages de l’institution sans en prendre en compte les inconvénients et, notamment, les interdits. Pour eux, c’est avant tout un moment festif et un moyen de faire plaisir à la famille. J’ai pu noter que la plupart de ces couples ne sont généralement pas très croyants. Mais il faut bien comprendre que les religions sont des institutions millénaires. Et, justement, si elles se sont maintenues, voire développées, au fil des siècles, c’est en grande partie grâce à des principes qui peuvent être qualifiés par certains de rigides. Ce n’est pas encore demain qu’une religion fera l’apologie de la mixité !

Concrètement, quels sont les principaux motifs spécifiques de dispute dans les couples mixtes ?
Ce sont souvent des problèmes du quotidien. Cela peut commencer par le contenu du réfrigérateur. S’il n’y a pas d’interdits chez les catholiques, il y en a pour les autres religions. Tel est le cas de l’alcool et du porc chez les musulmans. Pour être dans l’actualité, les fêtes de noël, mais c’est le cas de toutes les fêtes religieuses, peuvent également être une source de malentendus et de disputes. En fait, l’incompréhension arrive lorsque cette différence est imposée à l’autre et prend alors la forme d’une véritable contrainte religieuse. Il faut simplement l’accepter comme un mode de vie différent.

Tout passe donc par un travail de communication démultiplié dans les couples mixtes ?
Prenez l’exemple du mariage d’un couple d’amis. Si ce dernier se fait à l’église, alors il sera impossible pour un juif ou un musulman d’y pénétrer. Une telle attitude, si elle est mal comprise, peut être prise pour une insulte. Le conjoint, de confession catholique, devra pénétrer seul dans le lieu de culte. Autant dire qu’il faut une sacrée négociation en amont pour accepter une telle situation.

Et la question de l’enfant, son prénom, son éducation ?
L’enfant d’un couple mixte est à l’origine d’une multitude de questions pour les parents et la famille dans son ensemble. Outre le choix du prénom, un vrai dilemme à lui tout seul, se pose celui des rites de naissance et, bien sûr, de la religion. En pratique, c’est généralement la religion de celui ou de celle qui est le plus pratiquant qui l’emporte. Le vrai danger pour l’enfant est le mélange des deux croyances au jour le jour car il ne peut plus s’identifier dans un corpus de règles précis. Rien de pire pour lui que de ne pas savoir quoi répondre lorsque, dans la cour de récréation, on lui demande de quelle religion il est. Or il n’est malheureusement pas rare que ses parents soient eux-mêmes dans un flou spirituel et ne sachent plus vraiment quelle est leur religion.

Propos recueillis par Franck Pinay-Rabaroust

* Vivre en coupe mixte – Presses de la Renaissance


Plus que d’autres mariages, les mariages mixtes posent la question de l’identité. Chaque être humain construit son identité non seulement dans ce qu’il est, mais dans le style de vie qu’il choisit et en particulier dans le choix qu’il fait de son compagnon ou de sa compagne.

Lorsqu’on choisit un compagnon ou une compagne qui a plus ou moins les mêmes valeurs, le même style de vie que nous, le mariage nous permet d’évoluer dans l’existence sans trop bouleverser les fondements de notre être.

Par contre, lorsqu’on choisit de vivre en couple avec quelqu’un de très différent, par son origine, par sa religion, par son milieu social, par ses valeurs, … la vie commune nécessite des aménagements importants pour chacun des membres du couple, et souvent, pour la famille entière.

A mon sens, c’est pour cela qu’il y a des conflits. Parce que ce qui est fondamental pour l’un “écrase” ce qui est fondamental pour l’autre, et que pour continuer à vivre ensemble, il faut créer un territoire commun, au prix de compromis parfois très douloureux.

C’est pour cela sans doute aussi que les enfants sont les cibles privilégiées de ces conflits. A l’enfant, chaque parent souhaite transmettre la part essentielle de ses valeurs et de ses expériences de vie… L’enfant dans son corps, dans son quotidien, dans l’éducation qu’on lui donne représente fondamentalement ce “territoire commun”, possible ou impossible à créer.

On peut se dire que fonder un couple mixte, c’est faire le choix d’une vie de couple plus difficile, où les conflits risquent d’être plus nombreux, où les enfants risquent d’être “partagés” entre deux origines, deux familles, deux parents. Pourtant si des gens font ce choix, c’est sans doute qu’il en vaut la peine.

Vivre dans deux cultures c’est bien plus que deux façons de faire la cuisine, deux façons d’aimer sa famille, deux façons de s’adresser à Dieu – ce qui est déjà énorme. C’est aussi explorer deux façons de construire son être, c’est se donner du recul par rapport aux règles de sa propre culture, c’est oser se donner la liberté de choisir une part de sa vie.
Par nikky


Choisir un partenaire d’une autre origine, c’est tentant mais pas toujours facile à vivre au quotidien. Le plus dur : l’accueil mitigé des familles. Voici quelques couples pour qui l’union mixte fait la force.
Des difficultés ?

On en a rencontrées comme tous les couples, s’exclame Monique. Et on continue d’en rencontrer. Non parce qu’Emmanuel est noir et que je suis blanche, mais parce qu’il est un homme et que je suis une femme, qu’il a sa interracial-mixed-race-couplefaçon d’être et que j’ai la mienne. ” 30 % des unions et 12 % des mariages (1) ! Nous sommes de plus en plus nombreux à être tentés par l’aventure avec cet autre qui nous vient d’ailleurs. D’ailleurs ? Plus forcément. Immigré de la deuxième ou troisième génération, il ou elle est souvent de nationalité française. Il n’en demeure pas moins une différence : d’origine, de couleur, de culture, de langue ou de religion.

Une différence enrichissante, mais pas toujours facile à vivre au quotidien. Le plus dur : l’accueil par les familles. Comment ces unions se forment-elles ? Pas de règle générale, affirment sociologues et psychologues. Toutefois, certains individus seraient plus prédisposés : parce qu’ils ont toujours été en contact avec des cultures étrangères, ou qu’ils sont eux-mêmes issus d’une union mixte. Avoir été marginalisé dans sa propre famille – à cause de ses goûts, de ses valeurs – favoriserait aussi l’attrait de cet ” autre “. Sur le plan fantasmatique, ce choix protégerait de la peur inconsciente de l’inceste. Si j’épouse quelqu’un venu d’ailleurs, je suis sûr de n’épouser ni mon frère ni ma sœur, ni mon père ni ma mère. Parfois, cette quête obéit à un besoin de repères disparus. Nombre d’Occidentaux souffrent de l’érosion des rôles traditionnellement dévolus aux hommes et aux femmes, et se tournent vers les cultures asiatiques, africaines ou méditerranéennes qui, elles, font toujours… la différence.

Mais pour que ça marche, chacun doit faire des concessions et mettre de l’eau dans le vin de son pays. Se trouver des points communs – musique, sport, etc. – aide à contrebalancer le poids de cette différence, qui pèse surtout aux familles. Nés au pays, les parents ont parfois du mal à s’en accommoder. Mais il est rare aujourd’hui que l’on renonce à l’élu de son cœur pour sacrifier au plaisir du clan. C’est lorsque l’enfant paraît que le choc des cultures peut s’avérer douloureux : quelle religion, quelle tradition choisir ? Celles de son père ou de sa mère ? Les couples mixtes seraient aussi plus fragiles, davantage exposés à la rupture. Finalement, tous les couples sont mixtes : à défaut d’être étranger, l’autre est toujours un être étrange.
Isabelle Taubes


En matière de transmission, la circoncision est la première question concrète à laquelle sont confrontés les couples mixtes juif/non juif lorsqu’ils attendent un enfant et a fortiori lorsqu’un fils naît. Elle est loin d’être anodine et fait ressurgir toutes sortes de conflits, de questionnements et de négociations. C’est à partir d’une enquête qualitative auprès de couples mixtes que cette question est abordée. Lorsqu’ils font circoncire leur fils, ces couples perpétuent un lien avec le judaïsme. Dans des discours qui mettent à l’écart certaines questions, ce geste est rationalisé, sécularisé et s’appuie sur la médecine. C’est un acte biographique, identitaire et de mémoire. Ceux qui ne font pas circoncire leur fils n’interrompent pas pour autant la chaîne de la transmission d’un judaïsme sécularisé en choisissant d’autres ressources identitaires.


1- Comment avez-vous connu votre mari ?
Son meilleur ami m’a vendu le câble, nous avons sympathisé et il a tenu à me présenter Marc : le coup de foudre !
2- Comment prend-on la décision de quitter son pays par amour (facilement, coup de tête, des années de réflexion…) ?
Nous n’avons pas eu à le faire puisque nous nous sommes rencontrés à Toulouse où nous étions déjà expatriés l’un et l’autre.
3- Que connaissiez-vous du pays de votre futur mari et de ses coutumes avant de vous y installer ?
Pas grand-chose en fait et ce que je croyais savoir était faux… Je pensais avoir à faire à une société d’hommes où les femmes n’avaient pas droit à la parole et mangeaient à la cuisine… Dieu sait que ça n’est pas le cas. Loin de là !
liban4- Quelles sont les principales différences culturelles ?
Tout d’abord la spontanéité libanaise m’est apparue au départ comme un manque d’éducation. Ils peuvent débarquer à n’importe quelle heure et se libanmêler de tout… et ils ont une conception de la vérité qui, pour nous Français, est assez “discutable”.
5- Dans votre vie pratique, quelles sont les habitudes qui vous surprennent ou vous amusent le plus ?
Cette peur qu’ils ont du courant d’air, c’est une véritable psychose. Au Liban, on ne sort jamais les cheveux mouillés et sans ce qu’ils appellent une flanelle (maillot de corps) en dessous de sa chemise. Cela m’amuse beaucoup.
Il y a aussi l’enfumage de la maison à chacune de nos visites à coup d’encens. Et ce qui m’énerve le plus, ce sont leurs conseils… Minimum 15 par jour et à tout propos…
Les enfants :6- Concernant l’éducation des enfants, quelles sont les principales différences par rapport à notre culture française ?
Marc : Je suis beaucoup plus permissif que ma femme et je m’aperçois qu’au Liban, nous ne laissons que très peu d’autonomie aux enfants. C’est peut être la raison pour laquelle ils marchent et parlent plus tard qu’en France ? Nous sommes vraiment “gagas” dans le langage et les gestes.
7- Quelles langues parlent vos enfants ?
Ils parlent le libanais et le français, ils y sont habitués depuis la naissance. Et depuis notre installation au Chili, ils se sont mis à l’espagnol.
8- Comment se passe l’apprentissage de ces langues (scolarisation, langue paternelle parlée à la maison, langue maternelle, répartition des rôles…)
Marc : très bien. Je leur parle le plus souvent en libanais et ma femme en français. Nous essayons de ne pas mélanger.
9- Comment sont perçus vos enfants par rapport à leurs copains ? Se sentent-ils plutôt Français ou de la nationalité de votre époux ?
Comme ils sont encore assez petits, ce n’est pas facile à savoir… Mais nous faisons tout pour qu’ils connaissent nos cultures d’origine.
La Belle-famille10- Le portrait d’une belle-famille japonaise, espagnole, canadienne, etc… Réponse forcément subjective, mais donnez-nous juste une réponse qui puisse nous donner une idée des différences de mode de vie. Vous ont-ils acceptée ? Comment votre famille a-t-elle réagi au mariage ?
Céline : Ma belle-famille m’a acceptée assez rapidement… Ils ont parfois un peu de mal avec ma franchise mais ils commencent à s’habituer et moi à mentir… ;)Mon “athéisme” est ce qui a le plus posé problème au début, car cela les a beaucoup surpris, surtout qu’ils sont très croyants. Cela dit, je ne me suis jamais opposée à quoi que ce soit à ce niveau-là. Je respecte leurs croyances et si cela n’apportait rien à mes enfants, je me dis qu’au moins ils ne seront passés à côté de rien par ma faute. Ils feront leurs propres choix.
La société
11-Avez-vous l’impression d’être perçue différemment parce que vous avez épousé un étranger ?
Non pas vraiment.
12- Quels sont vos rapports avec les femmes françaises expatriées ne passant que 2-3 ans dans votre pays ?
C’est nous qui changeons de pays jusqu’ici.
L’avis du mari
13- Pensez-vous que vous recherchiez à épouser une étrangère ?
Oui, car vivre loin de mon pays m’a permis de prendre conscience des défauts de ma culture.


Lorsqu’ils se sont rencontrés, il y a dix ans, Nadine et Pierre ont dû se cacher. Lui catholique, elle née d’une mère orthodoxe et d’un père musulman. La jeune femme a pris des précautions pour ne pas heurter les convictions de son père : ” Une musulmane ne peut pas vivre avec un homme avant son mariage. Elle doit être vierge la nuit de ses noces. Je n’ai pas respecté la règle, mais j’ai eu du mal à le vivre. Un vrai cas de conscience. ” à l’époque, sous prétexte d’imposer moins de dépenses à leurs parents, la brunette et son frère, qui partageaient alors un appartement, décident d’accueillir un nouveau “colocataire”.

La supercherie durera quatre ans, jusqu’au départ du frère de Nadine. ” amour-mariage-mixteJ’avais hâte que la situation soit clarifiée auprès de son père qui devait commencer à tiquer, confie Pierre. J’en avais plus que marre de tous ces mensonges. ”

Au final, ni larmes, ni drame pour le couple mixte. Sans doute parce que Nadine, jeune Libanaise de 29 ans, n’a fait que suivre l’exemple de ses parents. Un père musulman libanais, une mère chrétienne orthodoxe roumaine. À Beyrouth puis à Paris, la jeune femme a grandi entre deux cultures et, au fil du temps, s’est forgé une double identité, parfois malgré elle.

” Petite, je ne savais pas ce qu’étaient le christianisme, ni l’islam, explique Nadine. À la maison, on croyait en Dieu, un point c’est tout. ” Jusqu’au jour où, à l’école primaire, une camarade lui déclare brutalement que, sa mère n’étant pas musulmane, ” elle ira brûler en enfer “. Un peu émue, Nadine se souvient qu’elle est rentrée en pleurs ce jour-là, ” Mais mes parents m’ont expliqué que leurs religions se rejoignaient sur l’essentiel et que l’important était de croire en Dieu “, quel que soit son nom. Entente parentale sur les grands principes, mais absence de dialogue sur d’autres sujets. ” Je suis baptisée… officieusement, sourit la jeune mariée. Mon père ne le sait toujours pas. ” Quelques mois après la naissance, sa mère emmène Nadine en Roumanie. Et voilà le bébé recevant le sacrement à la va-vite. Un secret que les deux femmes n’ont jamais révélé. Une façon comme une autre d’éviter les conflits. Plus tard, la petite fille n’en suivra pas moins le Ramadan et lira régulièrement le Coran avec son frère et son père qui lui en a appris les rudiments.

Célébré dans la joie il y a deux ans, presque unanimement approuvé – hormis par les grands-tantes libanaises – le mariage de Pierre et de Nadine s’est déroulé au Liban, sans prêtre ni imam, par respect pour les religions de chacun. Pierre aurait aimé ” une touche spirituelle supplémentaire “, mais à l’époque on lui a dit que c’était impossible sans conversion.

Aujourd’hui, Nadine ne pratique plus trop, mais fait toujours sa prière en deux langues. Mi-Bible, mi-Coran. Une richesse que le couple compte bien transmettre à ses futurs enfants. Mais Pierre reste ferme : ” Surtout ils ne seront pas forcés de choisir, pas forcés de faire quoi que ce soit. ”

Textes Anne-Sophie Pelé


Pour leur faire-part de mariage, ils ont choisi d’accoler l’image solaire d’une caravane dans le désert au cliché alpestre des cimes de l’Isère, avec un ciel d’azur en trait d’union. Mariem la Marocaine et Laurent l’Isérois se sont dit «oui» le 22 mai 1999: «Le premier mariage franco-marocain de Revel, 1 053 habitants!» clament-ils fièrement sur le site internet qu’ils ont créé à cette occasion. Tout un symbole. En effet, la France passe pour la championne

couple mixte en France

couple mixte en France

européenne du «mixage matrimonial», ces couples bigarrés suscitant l’étonnement, l’admiration ou la curiosité, mais aussi la suspicion de certains maires, qui refusent parfois de les célébrer en n’y voyant que mariages blancs et relations de convenance. Comment ces amours transnationales se vivent-elles au quotidien?

En 1999, 30 000 mariages mixtes – entre époux français et étranger – ont été célébrés, soit plus d’une union sur dix. Sans compter les épousailles entre fils ou fille d’immigrés des deuxième et troisième générations et Français dits «de souche», puisque l’état civil ne mentionne que la nationalité des époux au moment du mariage, les origines ethniques ou religieuses n’apparaissant pas dans les statistiques. Près d’un tiers des étrangers naturalisés (soit 22 000) ont acquis la nationalité française par le mariage. Ainsi, en l’espace de vingt ans, la proportion des mariages mixtes a doublé.

Pourtant, le couple mixte semble une aberration sociologique. Un pied de nez à la règle dominante de l’«homogamie»: toutes les enquêtes démographiques montrent que les Français(es) se marient plutôt dans le même milieu – les trois quarts des couples sont de même origine et de même groupe social – selon l’adage «Qui se ressemble s’assemble». Au contraire, les unions mixtes apparient deux individus que tout – ou presque – devrait séparer: culture, religion, couleur de peau, voire traditions culinaires. Au point que les cassandres prédisent le divorce comme seule issue possible du couple mixte. Pas facile de faire accepter aux familles respectives le choix de son conjoint. Pas facile non plus de faire une croix sur ses habitudes alimentaires. Pas facile, surtout, de respecter les croyances de l’autre. Le lien, d’autant plus fort que tout oppose les promis, supposerait même une démarche volontariste: «Ce type d’union est toujours très intense, explique le psychanalyste Malek Chebel. En général, il y a un surinvestissement de l’autre. Quand cela se passe bien, c’est une idylle néoromantique: il y a une fascination, un engagement émotionnel parfois quasi pathologique auprès du partenaire, dont on projette une vision sublimée.»
«Les mariages mixtes se caractérisent par une certaine inégalité entre les sexes»

Ça passe ou ça casse. Dans le cas de Céline et Abdel, 24 et 26 ans, c’est sur le point de casser: «C’est l’amour fou depuis quatre ans, raconte cette jeune préparatrice en pharmacie lyonnaise éprise d’un aide-comptable d’origine marocaine. Mais sa famille ne m’accepte pas. Ses parents et ses frères, qui m’ont d’abord ignorée, font le forcing depuis deux ans pour que je me convertisse à l’islam – ce dont il n’est pas question. Ils ont voulu marier Abdel au pays, avec une fille du village, mais il a refusé. Notre histoire n’est faite que de séparations et de retrouvailles. J’ai peur que, sous la pression familiale, il finisse par épouser une musulmane. On craque: le syndrome Roméo et Juliette, ça use.»
Selon Malek Chebel, «l’investissement est d’autant plus fort que, la plupart du temps, chacun des partenaires doit faire face à la désapprobation – voire à l’hostilité – des parents et vit sa relation comme une aventure à contre-courant. Le foyer mixte peut être le lieu privilégié où s’expérimente la tolérance à la différence, mais aussi un amplificateur des conflits interculturels et des malentendus. Quand les choses se gâtent, le traumatisme est plus fort et l’échec vécu, d’autant plus durement». Ainsi, Fatima, aide-soignante arlésienne de 45 ans, se souvient avec amertume de son mariage: «J’avais 21 ans, je savais ce qui m’attendait si j’épousais un musulman: devenir une mémère à la maison. J’avais le choix: attendre que ma famille m’impose un mari algérien ou trouver un Occidental que j’imposerais à ma famille. Quand j’y repense, j’aurais préféré rencontrer un Algérien qui partage ma culture, ma langue, mon goût pour la musique et la cuisine de mon pays d’origine, tout en respectant ma liberté. Ma belle-famille m’a obligée, contre mes convictions – même si je ne suis pas musulmane pratiquante – à me marier à l’église et à faire baptiser mes deux enfants. Mon mari prenait un malin plaisir à manger du porc devant moi. Nous avons divorcé au bout de treize ans.» Aujourd’hui, elle vit en concubinage avec un autre «Français de souche»: «Il accepte au moins de ne pas manger de porc… La différence de cultures, c’est un combat de tous les jours, même si on a l’esprit large.»

La rupture se joue presque toujours autour de l’éducation des enfants ou de la religion. «Ce genre de mariage suppose un déminage quotidien, observe Malek Chebel. En général, le mariage mixte pousse les deux partenaires vers la laïcité, ou alors c’est la femme qui met de côté ses convictions religieuses pour “épouser” celles de son mari.» Selon deux études de l’Institut national d’études démographiques (Ined) menées sur deux cohortes de couples mixtes mariés en 1975 et 1982, leur taux de divorce est pratiquement le même que pour les couples franco-français.

Mais filles et garçons étrangers ne partent pas avec les mêmes chances de réussite: «Les mariages mixtes se caractérisent par une certaine inégalité entre les sexes, observe Jocelyne Streiff-Fénard, sociologue à l’université de Nice: les filles étrangères sont beaucoup plus sujettes que les garçons aux pressions de leur famille. En revanche, elles sont bien mieux acceptées par les familles françaises, alors que domine pour leurs frères l’image diamétralement opposée du délinquant. Les mariages mixtes entre hommes français et femmes maghrébines seraient moins fragiles que les autres – y compris les unions classiques entre Français. Comme si ces couples étaient condamnés à la réussite.»

Installés avec leurs trois enfants à Villelongue-de-la-Salanque, près de Perpignan, Kheira et Pierre-Alain Achard font figure de couple modèle. Leur histoire n’avait pourtant rien d’évident: avant de se connaître, elle fréquentait quasiment exclusivement les milieux d’origine algérienne et lui n’avait jamais rencontré d’Arabe. «J’ai éprouvé beaucoup de curiosité pour sa culture, raconte ce comptable de 43 ans. Je n’étais pas croyant et j’ai découvert la foi à travers elle, même si elle n’est pas très pratiquante. Ma conversion à l’islam, d’abord motivée par mon désir de consolider notre couple, a été une vraie découverte. Nous nous sommes unis religieusement il y a huit ans et nous sommes mariés civilement depuis un an.» La mère de Kheira a refusé de voir sa fille pendant deux ans. «La naissance des enfants nous a finalement réconciliées, se réjouit Kheira, mais ces tensions auraient pu briser notre couple.»

Autre point positif: le regard bienveillant que la société française semble poser sur ces unions. «Les gens sont plutôt sympa», se réjouit Isabelle, 43 ans, qui nage dans le bonheur depuis trois ans avec Karim, 40 ans. Même son de cloche pour Fatima: «Je n’ai jamais ressenti de regard désagréable, remarque-t-elle. Au contraire, j’étais la fille qui avait su briser les tabous.» Pour Jocelyne Streiff-Fénard, les mariages mixtes, «considérés comme la manifestation la plus forte de l’intégration, sont en général valorisés par l’opinion – électeurs du Front national mis à part… On y voit un signe d’ouverture, de modernité, d’émancipation». La victoire de l’universalisme sur le communautarisme.
Paru dans L’Express


D’origine camerounaise, mariée à un français de confession juive, Félicité Esther Zeifman née Nkolo d’origine camerounaise, tient un blog où elle témoigne de la réussite de son mariage mixte en racontant son quotidien, fait de grands bonheurs et de préjugés.

Témoignage d’un couple heureux qui a dépassé les barrières du regard des autres.

D’origine camerounaise, mariée à un français de confession juive, plusieurs personnes autour de moi marquent leur étonnement face à cette situation.

black-girl-with-white-manPour moi c’est un réel plaisir d’expliquer aux autres comment malgré nos différences de religion et de culture, Bernard et moi avons construit notre couple.

Je m’appelle Félicité Esther Zeifman née Nkolo d’origine camerounaise résidant à Paris. Je suis Avocat de formation et de profession, j’ai choisi de reformuler ma vie professionnelle en intégrant une école d’ingénieurs pour préparer un diplôme en ingénierie de la formation.

Je m’occupe de l’ingénierie de formation et de la gestion des compétences dans une société industrielle.

J’aime lire (tous les bouquins du moment, sur tous les sujets), voyager, cuisiner, m’occuper de mon intérieur.

L’AMOUR DANS TOUTE SA DIVERSITE

Depuis mon mariage avec Bernard, chaque fois que je me présente sous mon nom d’épouse, je fais constamment face à la même remarque : “les juifs ne se mariant qu’entre eux, comment as-tu fait pour en épouser un ? Très rares sont les juifs qui se marient avec les africaines”. Bernard et moi n’avons jamais mis au premier plan de notre relation cet état de fait : nous sommes amoureux l’un de l’autre et avons choisi d’enrichir notre amour de nos différences (culture et religion) et de faire notre cette belle phrase de Françoise SAGAN : “Aimer, ce n’est pas seulement aimer bien, c’est surtout comprendre”.

La diversité de nos origines a aussi facilité notre relation : Bernard est juif d’origine askhenase (Russie) par son père et sépharade (Maroc) par sa mère. Ce métissage favorise une ouverture d’esprit et une meilleure compréhension de l’autre.

Moi, je suis née d’un père protestant, d’une mère catholique et suis devenue à 30 ans bouddhiste (bouddhisme japonais), j’ai acquis au cours des années la faculté de m’adapter à des cultures et religions différentes.

REACTIONS DES FAMILLES

Comment nos deux familles ont accueilli nos choix ?

Du côté de Bernard, il y a eu quelques réticences qui bizarrement ne sont pas venues de mes beaux-parents puisqu’ils m’ont accueillie à bras ouvert et ont donné leur bénédiction pour notre mariage.

En revanche, ma belle-sœur et son fils s’y sont opposés argumentant que j’étais d’une part intéressée par l’argent de Bernard, et d’autre part que je voulais profiter de ce mariage pour « avoir des papiers ». Un autre argument qui a été opposé à Bernard était moins le fait que je ne sois pas juive mais surtout le fait que je sois noire.

Ma réaction a été de les rassurer en allant vers eux et en leur démontrant que leurs craintes étaient infondées. Bernard m’a soutenue et a joué le cavalier sur son cheval blanc et nous nous sommes mariés le 29 novembre 2003.

Ma famille a bien accueilli Bernard et lui a donné la place qui est la sienne selon nos traditions.

quelques anecdotes

La première anecdote que je trouve croustillante vient de ma belle sœur qui m’a dit un jour qu’elle préfère m’appeler ESTHER au lieu de FELICITE (mes deux prénoms étant FELICITE ESTHER) parce que cela fait plus juif.

La deuxième vient de ma mère qui devait venir se faire opérer de la cataracte en France. Les rendez-vous avec les ophtalmologues étant longs, elle m’a dit « mais Bernard est juif la plupart des médecins étant juifs, il n’aura aucun problème à obtenir rapidement un rendez-vous ».

Et même dans notre couple, nous nous amusons tendrement des préjugés qui prévalent sur nos origines juive et africaines.
Extrait du blog de Félicité Esther Zeifman


Depuis plus de dix ans, plus d’une trentaine de mariages franco-hongrois sont célébrés chaque année par l’ambassade de France à Budapest. En 2007, plus de dix projets de mariage ont déjà été déposés. C’est dire combien le mariage mixte est une réalité, sans compter les couples vivant en concubinage. D’ailleurs, vous-même êtes peut-être la moitié de quelqu’un d’une autre nationalité ou avez dans votre entourage des amis en «couple blanc-et-noiremixte». Rencontre dans le cadre professionnel, lors d’un séjour dans le pays ou ailleurs, par des amis communs…tant de circonstances sont possibles donnant lieu à des histoires qui font rêver…

Si certains déclarent qu’ils aimeraient aussi vivre cette expérience et n’hésitent pas à employer le terme «conte de fées» pour la qualifier, d’autres, au contraire, ne s’imaginent pas dans cette situation qui représenterait pour eux plus de difficultés que de bonheur. Il est vrai qu’au-delà du projet de vie qui est commun à tous les couples, le couple mixte doit bien souvent faire face à des prises de décisions importantes et passe par des phases d’interrogation ou de crainte. La découverte d’un autre pays, d’une autre façon de vivre, d’une autre Histoire, d’autres modes de pensées, l’apprentissage d’une nouvelle langue ou encore l’éducation des enfants… autant de sujets qui prêtent à débat. Mais ces différences de culture ne sont-elles pas aussi une formidable opportunité de s’aérer l’esprit et de regarder vers d’autres horizons?

Le couple mixte et ses problématiques, réponses en quatre temps.

Orsi 29 ans, est en couple depuis bientôt deux ans avec Jean, 32 ans. Orsi vit à Budapest, Jean à Paris. Dans quelques mois, ils vont s’installer ensemble et c’est Orsi qui partira rejoindre Jean en France. Leur couple est dans une situation de transition, où l’un des deux quitte son pays pour rejoindre l’autre. Pour Orsi, c’est une phase difficile à gérer qu’elle aimerait volontiers «zapper». En effet, elle est partagée entre deux sentiments. D’un côté, elle éprouve de l’appréhension et se questionne par rapport à sa nouvelle vie dans un pays qui n’est pas le sien. D’un autre côté, elle est très impatiente de faire le grand saut, car elle veut vivre cette aventure. Elle s’est d’ailleurs déjà fixée deux objectifs : apprendre le français le plus vite possible et trouver un travail. Et le reste suivra!

János, 29 ans, a rencontré Gaëlle, 26 ans, il y a 7 ans. Mariés depuis 3 ans, ils vivent à Nantes. Pour János, le couple mixte est une aventure enrichissante qui favorise l’ouverture d’esprit. Dans son cas, cela lui a permis d’accepter des différences d’opinions sur des sujets comme la politique et la religion. Sur beaucoup de points, János déclare «Avant je ne pouvais pas imaginer…» et avoue faire beaucoup de compromis qu’il ne ferait pas s’il vivait avec une Hongroise. Il apprécie aussi le fait de pouvoir choisir ce qui lui plaît parmi deux cultures. Vivre à l’étranger lui a également permis de développer un sentiment d’indulgence envers son pays car il constate que la vie n’est pas forcément mieux ailleurs. Le quotidien de Gaëlle et János est aussi fait de débats liés à des points de vue divergents qui seront toujours présents, s’atténueront ou s’accentueront en fonction des événements de la vie, comme l’éducation des enfants par exemple. Mais tout ceci ne constitue aucun obstacle majeur et János de déclarer «Le couple mixte, faut y aller !».

Céline, 39 ans, et Gyula, 40 ans, sont mariés et ont deux enfants. Après 20 ans passés en France dont 10 ans aux côtés de Céline, Gyula avait envie de revenir dans son pays. Et c’est l’été dernier qu’il a embarqué toute sa petite famille pour Budapest. La question des enfants a aussi beaucoup joué quant à l’installation à Budapest. Gyula avait un besoin très fort de faire découvrir son pays et de transmettre sa culture à ses enfants. Au-delà de la langue qu’il leur a déjà enseignée en France, Gyula est ravi que ses enfants aillent à l’école en Hongrie et reçoivent le même enseignement que lui. Selon Céline, la décision de venir s’est faite très naturellement et n’a pas fait l’objet de désaccord. Après la vie en France, il était tout à fait normal d’aller vivre aussi dans le pays du père de ses enfants. De ce partage entre les deux pays, elle parle d’une chance extraordinaire pour ses enfants, et pour elle aussi !

L’histoire de Marion, 26 ans est un peu différente mais tout aussi intéressante. Franco-hongroise, elle a vécu en Hongrie jusqu’à l’âge de six ans. Après le divorce de ses parents, elle est partie vivre à Paris avec sa mère et son frère. Elle raconte que ses parents ont toujours souhaité qu’elle cultive ses deux identités. Ainsi, elle a passé, chaque été, ses deux mois et demi de vacances scolaires en Hongrie. Ou encore, quand elle vivait à Budapest, elle fréquentait l’école française. Il y a trois ans, elle est revenue vivre à Budapest et fréquente Tamás, 25 ans, depuis deux ans. Marion reconnaît que cette éducation «mixte» a très certainement influencé son identité. Aussi quand elle imagine sa future vie de famille, elle est sûre de deux choses : elle transmettra de la même façon les deux cultures à ses enfants et leur père devra apprendre le français. Elle n’éprouve aucune appréhension du couple mixte et de la vie à l’étranger, peu importe la destination. Marion travaille dans le domaine de la politique migratoire. Si sa profession doit l’amener à aller vivre ailleurs, elle aimerait que son compagnon la suive et avoue que c’est un sujet de désaccord dans son couple actuel.

Alors qu’en pensez-vous ? Vous êtes tentés par l’aventure, vous vous êtes reconnus, cela vous a éclairé, ce n’est pas pour vous ? A l’évidence, la mixité dans un couple n’est pas chose aisée. Mais quand ces différences de culture s’effacent, l’énergie du couple est démultipliée car elle est riche de ses différences.

Delphine Degré