Il y a du changement dans ma vie. 3 ans bientôt que je vis en Chine, et je viens de faire un pas supplémentaire en direction de la compréhension de cette culture si différente : j’ai un petit ami chinois. Que de sujets de discussions soulevés…

Pour dire vrai, il n’est pas entièrement chinois. Enfin si, 100% par ses deux parents, né à Nanjing, il y a vécu 5 ans, avant de partir pour les USA, où il a fini de grandir. Il a un passeport américain, mais techniquement il est donc bien chinois. Ici, ça se rapproche beaucoup de ce qu’on appelle ça un ABC : American Born Chinese. Phénomène de société, en quelque sorte.

Les ABC sont extrèmement prisés par les jeunes chinoises, qui apprécient à la fois le côté traditionnel (il connait la culture, la partage, parle la langue etc) et le côté “riche américain” (attention, les clichés ça pique les yeux) : avec une green card, on peut profiter de la vie américaine et de son confort matériel. Les ABC sont donc tout bénéf. Il n’y a qu’à voir les shows télé de matchmaking, les candidats ABC sont peu souvent rejetés, à moins qu’ils ne parlent vraiment pas bien le chinois.

Me voilà donc en couple avec un ABC. Un couple mixte ici, ça ne passe jamais inaperçu. Déjà qu’en tant que Laowai, je suis sur le devant de la scène où que je mette un pied, imaginez la stupeur et la prosternation des pauvres Nankinois qui me voient au bras d’un immense chinois. C’est le double bingo super bonus.

Pour être honnête, les couples mixtes sont très fréquents. La majorité des laowai hommes que je connais sont en couple avec des chinoises (à moins qu’ils ne se soient expatriés à deux ou avec leur famille). En revanche, et mes copines peuvent en témoigner, être une femme occidentale et trouver un compagnon chinois est *beaucoup* plus rare. La différence entre les hommes et femmes laowai en couple mixte est de l’ordre de 10 pour 1 je dirais. Comment expliquer ça ? Je n’ai pas les réponses, mais les critères sont nombreux.

Alors on s’amuse dans la rue. On rit beaucoup quand on marche main dans la main. Il est à la fin de la journée bien plus facile de compter le nombre de gens qui ne nous dévisagent *pas* de la tête au pied. Les réactions sont souvent positives, et les expressions à se tordre de rire : les regards nous scannent des pieds à la tête, et fixent successivement ma bouille blanche, sa bouille chinoise, nos mains l’une dans l’autre et retour sur ma tête avec un rictus mal contenu. Celà varie du “Heiiiiiiiin mais quoi?” au “hahaha mort de rire” en passant par le dégout, la colère et le mépris. Mais l’indifférence, jamais.

Encore une fois, j’ai de la chance. Je n’entends pas ce que mes amis hommes endurent quand ils se promènent avec leur femme chinoise, à savoir “voleur”, “ressources volées” et autres commentaires racistes. Apparemment, voler une femme chinoise est un crime contre le pays, mais voler un homme, c’est juste drôle.

Passée la surprise de nous voir ensemble, le double effet kisscool arrive quand on se met à parler. Beaucoup de gens en le voyant à mes côtés s’imaginent qu’il n’est pas chinois. Alors quand il m’adresse la parole en chinois, c’est juste stupeur et tremblements à tous les étages chez les badauds (et moi pour bien enfoncer le clou, je réponds en chinois. Triple effet kisscool) Souvent on lui dit “aaaaaaah mais tu parles bien chinois” “Ben oui, je suis de Nanjing” “Aaaaaaaah bon ???”
Source : chineese-bento.over-blog.com


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