Boutique Biologiquement.comLe combat de Nadia pour épouser son ami russe

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Elle aime un Russe et compte l’épouser en France. Mais l’ambassade à Moscou dit « niet ». Nadia et Vladimir ne comprennent pas pourquoi.
A regarder ses grands yeux bleus dans l’ovale de son visage pâle, on comprend pourquoi Nadia Louys est tombée amoureuse d’un Russe. Elle a elle-même cette délicate carnation des gens de l’Europe de l’Est ; et à l’image des héroïnes de Tolstoï, recèle une volonté opiniâtre sous de doux traits. Sauf qu’actuellement, ce n’est pas Guerre et Paix qui la tourmente, mais son mariage en France avec Vladimir.

Tout commence en 2001. Nadia, 15 ans, vit à Lorient. Grâce aux contacts que la ville de Lanester entretient avec la Russie, l’adolescente part en colonie de vacances dans le Tatarstan. A 700 km au sud de Moscou, cette petite république autonome compte 4 millions d’habitants. Nadia et son groupe se retrouvent à Naberejnye Tchelny, une ville située à quatre heures de voiture de Kazan, la capitale. C’est là qu’elle rencontre Vladimir Salnikov. russe-de-poche-assimil_russe-de-poche-assimil_Il a son âge, ils s’apprécient. Nadia revient l’année suivante. Ils gardent le contact. Les enfants grandissent, l’amour s’installe. Nadia fait plusieurs séjours en Russie, le dernier remonte à septembre. Vladimir découvre la France. Il était à Lorient en avril dernier. Elle lui a fait découvrir Groix, main dans la main.

Un refus non justifié

Leurs mains, justement, n’attendent plus que des alliances. Nadia et Vladimir doivent s’épouser le 11 avril à Lorient. Les bans ont été publiés, les costumes et le traiteur sont réservés, la famille et les amis invités. Mais début février, l’ambassade de France a Moscou a rendu un avis négatif sur la demande de visa long séjour en France déposée par Vladimir. Sans justification à l’appui.

Nadia est consternée : « Nous ne comprenons pas. Nous avons suivi toutes les procédures, nous avons fourni la tonne de papiers qui étaient demandés. Il nous a fallu produire des photos de nous deux et de nos deux familles, comme preuve de notre liaison. En général, les gens préfèrent demander un visa touristique pour se marier et obtenir un visa long séjour après. Nous, nous voulons être honnêtes. Notre démarche est sincère, il ne s’agit pas d’un mariage blanc. »

Mariage ici ou en Russie ?

Au Tatarstan, Vladimir est ingénieur auprès de Kamaz, la marque de camions. A Lorient, Nadia achève sa deuxième année de master « Responsable de développement à l’international » à l’UBS. Face au refus de l’ambassade, elle ne veut pas en rester là. La future attachée commerciale s’interroge sur son avenir professionnel : « Du coup, si le mariage n’est pas possible en France, je vais peut-être devoir partir en Russie. Je trouverai à Moscou, il y a du travail pour les Européens ».

Mais avant d’opter pour le départ, la jeune femme veut épuiser tous les recours. « Je me suis rendue au tribunal, à la sous-préfecture, personne n’est au courant. » Nadia est allée jusqu’à envoyer un courriel à une association qui s’occupe de demandeurs d’asile. Et un fax à l’ambassade pour demander un réexamen de leur dossier.

Tout est si clair dans la tête de Nadia : « C’est un mariage. Quelque chose de naturel. Deux personnes qui se rencontrent et qui s’aiment. Nous aurions pu très bien nous marier en Russie. Si nous choisissons la France, c’est en rapport avec mes perspectives professionnelles. » Nadia n’est pas désespérée et cherche une solution. En russe, Nadia s’écrit Nadejda et ce prénom veut dire Espérance.

Jérôme GAZEAU

Version en ligne : http://www.ouest-france.fr

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