Boutique Biologiquement.comCouple mixte franco-israélien – Questions pratiques

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Vous avez rencontré un Israélien (ou une Israélienne) et c’est le grand amour, le seul hic c’est que vous devenez maintenant un couple mixte et qu’à partir de maintenant les réponses à des questions simples tel que : « Dans quel pays habiter ? », « Quelle langue parler à la maison ? » ou « Quelles fêtes religieuses fêter ? » n’amène pas forcément des réponses évidentes. Chaque couple trouve sa solution et doit se justifier face à son entourage…
Ce blog est né d’une volonté d’explication de ma nouvelle vie à ma famille et depuis sa création je reçois régulièrement des témoignages de couple mixte qui se posent les même questions que moi au moment où j’ai décidé de faire ce grand saut : venir habiter en Israël. Ce post reprend les réponses que je leur ai donné tiré de mes expériences et de mes rencontres avec d’autres couple mixte en Israël, les israéliens sont définitivement très séduisant !
La rencontre
J’ai rencontré mon amoureux israélien dans un bar alors qu’il habitait en France après son service militaire, un classique ! Je ne compte plus les couples que je connais ici qui se sont rencontrés dans des situations simulaires aux quatre coins du monde (souvenez vous les israéliens voyagent énormément, aux Etats-Unis et en Thaïlande en particulier).
Nous avons été chanceux d’avoir pu habiter ensemble quelques années à Paris avant de faire le grand saut, d’autres n’ont pas eu cet période d’essai et sont venus directement rejoindre leur amoureux ou (plus rarement) leur amoureuse en Israël après quelques voyages et de longs mois de relation à distance, bravo !!

Habiter en Israël
Le pays a des tas de bon cotés dont le climat méditerranéen et la proximité de la mer ne sont pas des moindres… Néanmoins ce qui préoccupe tout le monde avant de venir s’installer, c’est la langue, les papiers et bien sûr le travail.
Apprendre l’hébreu n’est pas chose aisée, heureusement les cours à l’Ulpan ne sont pas cher et presque tout le monde parle anglais en Israël (même si j’aurais certainement appris plus vite l’hébreu si j’avais été obligée de le parler tous les jours…).
Ce n’est jamais une partie de plaisir d’affronter une administration pour obtenir un permis de séjour, où que ce soit, en Israël aussi, ce n’est pas rare de faire la queue ou de devoir revenir. Néanmoins comme vous serez avec un israélien votre situation sera relativement « simple », si vous êtes marié cela le sera encore plus et si vous avez habité ensemble précédemment cela se passera sans aucun problème. Il faudra simplement tout prouver avec tous les documents possibles : actes de mariage, factures, loyers, photos de famille, lettre de recommandations, ils sauront tout sur votre vie ! Et en échange vous recevrez un permis de travail pour 6 mois/1an ou, si vous êtes marié, un permis de séjour, l’assurance maladie et la nationalité au bout de 4 ans.
Pour ce qui est du travail tout dépend de votre métier d’origine, ce n’est pas toujours évident d’exercer son métier dans une langue étrangère. Mais Israël étant, par obligation, un pays tourné vers l’étranger, l’Europe et les Etats-Unis en particulier, de nombreuses opportunité de travail existe dans plusieurs domaines : la « Silicon Wadi » a les yeux tournés vers la « Silicon Valley », des touristes arrivent du monde entier pour visiter la terre sainte ou faire la fête à Tel Aviv et la communauté française, de plus en plus importante, amène aussi quelques opportunités de travail en français !

La question du mariage
C’est une question plus délicate qu’il n’y parait pour une simple raison, le mariage civil n’existe pas en Israël. Alors si les deux partenaires ne sont pas de la même religion, ce qui est souvent le cas pour les couples mixte se pose la question du lieu où se marier.
Nous nous sommes marié en France avant de venir et c’est, de loin, la solution la plus facile que je connaisse et qui nous a largement facilité les démarches pour les papier en Israël. Nous habitions à Paris et les démarches administratives se sont révélées assez simple, quelques papiers traduits par un traducteur certifié et 15 minutes à la mairie et nous étions marié ! La fête a eu lieu 2 ans plus tard en France, une bonne occasion pour moi de revoir toute ma famille dont je suis si éloignée et d’offrir un week-end en France à nos invités venus d’Israël.
Si vous n’êtes pas prêt tout de suite, pas de problème ! Vous pourrez toujours vous marier plus tard en France, relativement facile si vous êtes originaire d’ne petite commune, ou à Chypre comme de nombreux israéliens qui cherchent à échapper au mariage religieux.

La question de la conversion
Souvent (pas toujours) les couples mixte franco-israéliens ne sont pas de la même religion. A priori ce n’est pas très grave dans notre société de plus en plus laïcisée et c’est vrai qu’au quotidien cela ne change pas grand chose. C’est même plutôt un avantage quand arrive les fêtes, Pessah en Israël et Noël en France, vous ne manquerez jamais une fête importante dans votre famille !
Le problème de la religion peut néanmoins se poser au moment du mariage (voir ci-dessus) ou d’avoir des enfants. En effet dans la religion juive c’est la mère qui transmet la religion donc même si vous habitez en Israël, élevez vos enfants comme des israéliens, qu’ils parlent hébreu et célèbrent toutes les fêtes juive, si vous n’êtes pas juive ils ne le seront pas ! Et ça cela peut causer plusieurs nuits d’insomnie à votre amoureux israélien aussi laïc qu’il soit.
Après chacun sa réponse, certaines choisissent de se convertir mais il faut savoir que le processus prend plusieurs années et qu’il peut parfois être très contraignant au quotidien. Votre copain israélien va devoir garder sa maison casher, manger casher et ne pas vous toucher pendant 10 jours au moment de vos règles, pas sûr qu’il apprécie finalement… Les motivations de ces femmes sont souvent intellectuelles que ce soit pour s’immerger le plus possible dans la culture de leur pays d’accueil que pour découvrir la philosophie de la religion juive. Parfois, une fois les cours terminés le naturel reprend le dessus et le quotidien revient presque à la normal.
J’ai choisie de ne pas me convertir et mon amoureux israélien ne me l’a jamais demandé. Je tiens néanmoins à fêter les fêtes juives de la même façon qu’il l’a toujours fait dans sa famille, c’est à dire dans le respect des traditions avec un minimum de référence à la religion (de la même façon que je célèbre Noël, le sapin sans la crèche). Nos enfants ne seront pas juifs mais élevé comme des israéliens, seront circoncis et iront à l’armée. En espérant que la société sera aussi tolérante envers eux qu’elle l’est envers moi.

Mon meilleur conseil reste de parler le plus possible de tous ces sujets de tous les autres chocs culturels que vous pourrez rencontrer avec votre amoureux(se), plus les choses sont claires plus elles seront facile à régler. Et si vous avez d’autres questions n’hésitez pas à m’en faire part, j’essayerais de vous répondre avec ma modeste expérience en Israël avec un amoureux israélien.

 

Boutique Biologiquement.comMariage gris contre mariage mixte

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La lutte contre le « mariage gris » pourrait être l’une des armes pour contenir l’immigration en France. Le projet de loi a été voté mardi au grand dam de l’association Les Amoureux au ban public qui estime qu’elle est discriminante et remet en cause le mariage mixte.
Gris comme un mariage mixte ? L’Assemblée nationale française a adopté ce mardi un texte qui pénalise les « mariages gris », dans le cadre du projet de loi relatif à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité. Elle est jugée « discriminatoire » par l’opposition et les associations, notamment Les Amoureux au ban public, le mouvement de défense des couples mixtes. Selon le texte de loi, il y a mariage gris lorsque « l’étranger a contracté mariage contrairement à son époux, sans intention matrimoniale ou qu’il a engagé le consentement de son époux en faisant état de qualité essentielles erronées ». Les coupables risquent une peine d’emprisonnement de sept ans et 30 000 euros d’amende. La loi prévoit que le conjoint français puisse saisir les autorités compétentes pour dénoncer l’abus dont il est victime alors que les interrogations se multiplient sur la façon de prouver qu’il y a eu tromperie. « Comment décidera-t-on qu’un étranger a volontairement trompé son conjoint sur ses sentiments ? », a lancé le député Etienne Pinte, issu de la majorité présidentielle (UMP), durant les débats précédant l’adoption du projet.
Ces étrangers, « escrocs » de l’amour
« Seuls les étrangers sont en effet visés par l’aggravation des sanctions pénales qui ne concerne donc pas les ressortissants français qui contracteraient un “mariage gris” avec un étranger », constatent Les Amoureux au ban public dans un communiqué. L’association estime que la loi est également « stigmatisante envers les étrangers puisqu’elle repose sur l’idée qu’ils sont les seuls à tromper leur conjoint sur leur intention matrimoniale ». « Je refuse (…) de soupçonner le seul ressortissant étranger lorsque les motivations du Français ne sont parfois pas plus avouables ni moins désintéressées », faisait également prévaloir la députée socialiste Pascale Crozon.
Les sanctions sont plus sévères que dans le cas d’un mariage blanc qui prévoit cinq ans de prison et 15 000 euros d’amende [1] « Dans un mariage gris, l’un des deux conjoints est sincère alors que l’autre le trompe sur ses intentions, plaidait mardi Eric Besson dans l’hémicycle. Il s’agit de faire en sorte que celui qui abuse des sentiments sincères de son conjoint soit sanctionné plus sévèrement que les conjoints d’un mariage blanc ».
Par ailleurs, selon Les Amoureux au ban public, elle viserait « plus généralement l’ensemble des couples franco-étrangers en renforçant la suspicion qui pèse sur eux dans les discours publics et les pratiques administratives ». Le mariage étant un mode d’acquisition de la nationalité française. « Un mariage sur trois est mixte », écrivait le 30 avril 2009 Eric Besson, le ministre de l’Immigration, de l’identité nationale et du développement solidaire dans les colonnes de Libération. « C’est un constat, un point c’est tout », affirmait-il encore ce mardi en répétant une estimation qui est inexacte si l’on se fie aux données publiées par l’Institut national des études démographiques en (Ined) France.
mariages mixtes
mariages mixtes

En 2008, sur 258 739 mariages contractés sur le territoire, 32 889 étaient mixtes, soit 12,7% des unions en France. Si l’on affine la conception du mariage mixte, ce chiffre peut être même revu à la baisse. Sa définition en France ne tient pas compte des origines des conjoints. « Or, note une étude publiée en novembre 2008 par le département des statistiques du ministère de l’Immigration, la réalité migratoire dans la société française est telle aujourd’hui qu’il ne suffit pas de raisonner en termes d’étrangers et de Français. Les populations installées en France et issues de l’immigration entretiennent des liens avec leurs pays d’origine qui sont régulièrement ravivés grâce aux alliances avec des personnes originaires de ces pays d’origine. » Le document conclut ainsi que « deux tiers des couples mixtes, au sens de l’État civil, se composent de Français qui ont des origines étrangères ».

D’ailleurs, selon Eric Besson, « les victimes sont essentiellement des Françaises d’origine étrangère, abusées par des ressortissants des pays dont elles sont elles-mêmes originaires ». Le ministre reconnaît néanmoins qu’aucune statistique ne vient étayer son propos. De même que « le Gouvernement n’a pas son mot à dire sur les mariages mixtes » dont ne relèveraient pas les mariages gris, une « escroquerie sentimentale ». Le projet de loi doit encore être validé par le Sénat et il appartiendra au Conseil constitutionnel de dire s’il est discriminatoire ou non.

Boutique Biologiquement.comOn sponsorise notre mixité

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Bonjour,
Nous nous présentons: Amandine, française, 24 ans et Malek, 33 ans d’origine marocaine.
Nous sommes parents d’un petit Yanis de quatre ans.

On sponsorise notre mixité
On sponsorise notre mixité

Nous nous sommes rencontrés il y a sept ans, tout nous séparé : notre mode de vie, notre différence d’âge, nos confessions religieuses et notre éducation.
Notre couple? Personne n’ y croyait, à tel point que parfois on en doutait nous même….
Depuis notre rencontre, nous rêvons de nous unir par les liens du mariage mais le contexte ne s’y prettait pas trop, jusqu’à ce qu’on décide de faire nous même évoluer les circonstances!
De budget tres limité, nous avons décidé d’utiliser le sponsoring pour promouvoir cette mixité et s’offir un mariage pas comme les autres…
Nous allons organiser un mariage où fusionneront les deux cultures, un mariage pacifique et unique!
La mixité devient de plus en plus courante de nos jours, pourtant les tabous restent inchangés.
Cela dérange toujours les gens “qu’une fille comme moi soit avec un gars comme lui”
Tabous, apprioris, … Nous souhaitons montrer que la différence est une richesse et qu’il faut savoir y faire face plutôt que de s’en cacher.
Nous sommes actuellement en phase de médiatisation et nous comptons des partenaires tant orientaux que occidentaux.
Ces partenaires sont heureux de participer à ce projet car il est positif et juste.
Venez nous retrouver sur notre site : www.cnotremariage.fr/malikamandine84
A trés bientôt
Amandine&Malek

Boutique Biologiquement.comToujours plus mariages mixtes en Italie

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300 mille unions célébrés de 1995 à aujourd’hui. Emilia Romagna la région à laquelle le phénomène est plus fréquent

Rome, 25 Août 2010. Le mariage est toujours plus une étape fondamentale parcours d’intégration des immigrés en Italie. À confirmer en marche les données de la recherche sur les mariages mixtes célébrés en Italie, publiée par le MoneyGram à travers le premier Observatoire en matière. Sur un total de 250 000 mariages annuels (donnés Istat 2009 sur les relevés de 2007) les unions mixtes s’attestent environ à 35000, en représentant 14% des mariages. De 1995 à aujourd’hui les unions mixtes sont triplées avec une croissance annuelle de 9.5%.

Les données montrent comment les choix de plusieurs italiens sont diversifiées, auxquels les hommes choisissent principalement des femmes provenantes de l’Union Européenne, avec 59% des cas, ou bien choisissent leurs femmes du sud américaine. Très basses les unions avec des femmes de l’Afrique Septentrionale (8%) et les asiatiques (6%). Diverse les préférences de plusieurs femmes italiennes qui épousent plus souvent des hommes provenants du continent africain (40,7%), ou bien sud américains (17,4%). Ils restent bas, aussi pour les femmes, les pourcentages d’unions avec des asiatiques (4,7%).
Àu niveau global les mariages mixtes plus fréquents sont ceux-auxquels le mari est Italien et la femme étrangère (environ 17 000 dans l’année), pendant que les mariages mixtes dans lesquels est épouse qui est Italien sont seulement six mille. Augmente de plus même le phénomène des mariages mixtes auxquels tous les deux  conjoints sont de nationalité pas italienne et différente entre eux, qui se montent environ à onze mille. La région dans laquelle le phénomène des mariages mixtes est plus important est Emilia Romagna, les données auxquels sont sur la moyenne nationale, avec 15% des cas. Dans la spéciale classifie suivent la Lombardia (13,5%) et avec même incidence la Ligurie (13,1%) et la Vallée d’Aosta (13,1%).
La Lombardia est la région à laquelle le nombre absolu (au-delà des trente cinq mille) unions mixtes ont été plus nombreuses. Dans la Lazio par contre, malgré qu’elle soit une région dans laquelle l’immigration est un phénomène accentué, il est seulement à la douzième place de classification avec une incidence de 10,8% sur le total des mariages célébrés. En général dans les régions du sud Italie le pourcentage est plus bas avec le point minimum enregistré en Puglia avec 3.7%.
Si d’un coté le pourcentage de mariage augmente entre des couples mixtes, de l’autre le record des divorces revient cependant aux mêmes unions mixtes. En effet la durée moyenne de ces mariages est seulement neuf ans, à front des quatorze ans pour les mariages auxquels tous les deux  conjoints sont italiens. Sur le total de divorcés dans l’année à l’étude (au-delà de 5.400) 72,5% il est représenté des couples dans lesquels le mari est italien et l’épouse étrangère.

Les données montrent comment les choix de plusieurs italiens sont diversifiées, auxquels les hommes choisissent principalement des femmes provenantes de l’Union Européenne, avec 59% des cas, ou bien choisissent leurs femmes du sud américaine. Très basses les unions avec des femmes de l’Afrique Septentrionale (8%) et les asiatiques (6%). Diverse les préférences de plusieurs femmes italiennes qui épousent plus souvent des hommes provenants du continent africain (40,7%), ou bien sud américains (17,4%). Ils restent bas, aussi pour les femmes, les pourcentages d’unions avec des asiatiques (4,7%).

Àu niveau global les mariages mixtes plus fréquents sont ceux-auxquels le mari est Italien et la femme étrangère (environ 17 000 dans l’année), pendant que les mariages mixtes dans lesquels est épouse qui est Italien sont seulement six mille. Augmente de plus même le phénomène des mariages mixtes auxquels tous les deux  conjoints sont de nationalité pas italienne et différente entre eux, qui se montent environ à onze mille. La région dans laquelle le phénomène des mariages mixtes est plus important est Emilia Romagna, les données auxquels sont sur la moyenne nationale, avec 15% des cas. Dans la spéciale classifie suivent la Lombardia (13,5%) et avec même incidence la Ligurie (13,1%) et la Vallée d’Aosta (13,1%).

La Lombardia est la région à laquelle le nombre absolu (au-delà des trente cinq mille) unions mixtes ont été plus nombreuses. Dans la Lazio par contre, malgré qu’elle soit une région dans laquelle l’immigration est un phénomène accentué, il est seulement à la douzième place de classification avec une incidence de 10,8% sur le total des mariages célébrés. En général dans les régions du sud Italie le pourcentage est plus bas avec le point minimum enregistré en Puglia avec 3.7%.

Si d’un coté le pourcentage de mariage augmente entre des couples mixtes, de l’autre le record des divorces revient cependant aux mêmes unions mixtes. En effet la durée moyenne de ces mariages est seulement neuf ans, à front des quatorze ans pour les mariages auxquels tous les deux  conjoints sont italiens. Sur le total de divorcés dans l’année à l’étude (au-delà de 5.400) 72,5% il est représenté des couples dans lesquels le mari est italien et l’épouse étrangère.

Boutique Biologiquement.comCouples binationaux, familles du monde

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La mondialisation des couples pose aux familles des difficultés nouvelles. Mais une fois les barrières culturelles franchies, elle révèle ses richesses.
Il est 9 heures du matin… jour de classe ordinaire à l’école primaire bilingue de Paris. Deux enseignantes en faction à la porte accueillent les enfants, l’une en anglais, l’autre en français. Un papa aux yeux bridés passe très naturellement, pour faire ses dernières recommandations à sa fille, du japonais au français. À côté, un petit et sa maman échangent un gros câlin à l’accent américain, tandis que deux autres mères, bien brunes pour ce jour d’hiver gris, déposent gender-differencesleurs rejetons avant d’entamer une conversation gutturale en français. Le tableau n’est gender-differencescertes pas représentatif de la société française, mais plutôt un concentré d’un phénomène qui va en s’amplifiant. «Nous accueillons environ 20 % d’enfants étrangers. Mais nous avons surtout beaucoup de familles biculturelles», confirme une responsable de l’école.

Près de 40 000 couples «mixtes» se sont formés en 2001, et autant dans les consulats français à l’étranger, indique le bilan annuel de l’Institut national des études démographiques (Ined), publié en décembre dernier. Selon le dernier rapport de l’Insee (portrait social 2003-2004), cela fait désormais deux millions de couples, mariés ou non, qui vivent en France. Leur nombre a doublé en l’espace de vingt ans.

D’où vient ce «pic» statistique ? Des vagues d’immigration successives, qui s’intègrent peu à peu dans la société française ? Du développement des voyages, qui mettent le monde entier à notre portée ? Des échanges universitaires, ou des politiques de mobilité des entreprises internationales, qui donnent aux jeunes l’occasion de vivre l’âge des amours hors des frontières ? De l’anglais obligatoire pour tous ? Tout cela, sans doute, offre aux jeunes Français des «probabilités de rencontre» accrues avec un ou une étranger(e). Et c’est ainsi qu’ils risquent de se retrouver, quelques années plus tard, à Marseille, Montréal ou Barcelone, devant une école primaire, bilingue ou non !
À l’époque des voyages, des études à l’étranger, de l’intégration réussie, les couples binationaux sont légion.

Qu’entend-on par couple mixte ? Pour les démographes, il est formé d’un «étranger né à l’étranger, et vivant en France», même s’il a acquis la nationalité française, marié ou non, avec un ou une Français(e) de souche. «Mais ce n’est pas la binationalité qui est en cause, soutient cette jeune femme d’origine algérienne, dont la famille a la double nationalité de longue date, et mariée à un Français. C’est tout le reste, les différences de culture, de religion, d’éducation !» Il est impossible en effet de chiffrer dans ces «mariages mixtes» la part des unions homogènes, par exemple entre un jeune homme naturalisé français allant épouser sa cousine dans un village marocain. La définition juridique et administrative n’est déjà plus considérée non plus par les sociologues comme significative : «La circulation des populations s’intensifie et les pays européens comptent de plus en plus de couples juridiquement mixtes, explique la sociologue Gabrielle Varro (1). La notion même pourrait sembler historiquement dépassée. Force est de reconnaître qu’il est pratiquement impossible de tracer les limites de la mixité.»

Si la reine Victoria d’Angleterre a été surnommée «la grand-mère de l’Europe», parce qu’elle avait marié ses nombreux enfants dans tous les pays du Vieux Continent, à des rois ou des princesses, c’est qu’elle vérifia la règle que l’homogénéité sociale transcende la nationalité. Tout comme les «people» d’aujourd’hui, qui s’assemblent souvent naturellement en couples homogènes en célébrité, bien qu’étrangers en nationalité (lire encadré ci-contre).

Alors, les couples mixtes fondent-ils des familles comme les autres ? Avec des enfants «mondialisés» et sans histoires, entraînés dans le courant de la grande Histoire ? Danielle Getti tient une consultation de conseil conjugal à la mairie de Puteaux, en banlieue parisienne qui, comme tous les centres urbains, rassemble beaucoup de ces couples d’origines multiples. Elle constate : «Il y a des incompréhensions de départ évidemment, les efforts d’adaptation sont nécessaires entre les cultures. Mais une fois les barrières des différences – certainement plus hautes – franchies, une fois le couple formé, si la relation existe vraiment, on retrouve les mêmes problématiques que dans les couples “normaux” ; les richesses et les difficultés sont les mêmes.»
Pas toujours simples à franchir, pourtant, ces barrières

Pas toujours simples à franchir, pourtant, ces barrières ! Si l’on en croit le forum ouvert sur un site Internet (2) par un couple international, la vie familiale mixte ne va pas de soi. Questions les plus fréquentes de ces mutants des temps modernes : comment faire accepter le couple par l’entourage respectif de l’un et de l’autre quand les traditions et langues diffèrent ? Il y faut manifestement du temps, de la bonne volonté… et la naissance des premiers enfants. Selon quels critères choisir le lieu de résidence commun ? Dans quelle langue communiquer ? Quels efforts doit-on faire pour apprendre celle de l’autre ? Les facteurs économiques jouent leur rôle dans les choix, bien sûr. Et le sociologue (1) de souligner que la mère transmet plus souvent sa propre langue et sa religion à ses enfants que le père, sauf si celui-ci apporte à la famille une culture plus «valorisée». S’il est américain ou allemand par exemple, plutôt que polonais, tunisien ou vietnamien.

Et quand viennent les enfants, comment les nommer ? En choisissant des sonorités qui s’énoncent de la même façon dans toutes les langues (Alice et Tom tiennent la corde) ou en alternant les deux traditions (Pierre pour l’aîné, Léna pour la seconde…) ? Comment parler aux enfants, au propre comme au figuré, et transmettre leur double origine ? D’ailleurs, que faut-il vraiment leur transmettre pour en faire des citoyens du monde ? Les modèles d’intégration diffèrent, de l’affirmation des différences et de leurs richesses à l’intégration pure et simple en une génération (lire l’exemple canadien page suivante). Enfin, comment adapter les traditions culinaires ? Ce dernier sujet donne matière à de très nombreuses contributions…

Autant de couples donc, autant d’alchimies différentes, pas de frontière étanche entre la norme et l’exception. Selon une étude menée d’après le recensement de 1999, les modes de vie des couples mixtes tendent à se rapprocher de ceux des franco-français, quant à l’âge au mariage, au premier enfant, le nombre de ceux-ci, l’activité professionnelle, le taux de divorces…

La conseillère conjugale pointe pourtant une difficulté propre à la différence : «Un Oriental qui épouse une femme française épouse sans doute son émancipation, dans un couple égalitaire à la française. Mais son seul modèle de référence est celui de ses propres parents. Il a choisi sa femme parce qu’elle ne ressemblait pas à sa mère et pourtant, malgré lui, il attend d’elle qu’elle lui ressemble, par réflexe transgénérationnel. Il faut qu’il ait de bonnes raisons pour renoncer à ce modèle, tellement plus valorisant pour l’homme, et en créer un autre.»

L’enjeu est valable pour tous les couples mixtes !

Guillemette DE LA BORIE