Boutique Biologiquement.comCouple mixte franco-israélien – Questions pratiques

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Vous avez rencontré un Israélien (ou une Israélienne) et c’est le grand amour, le seul hic c’est que vous devenez maintenant un couple mixte et qu’à partir de maintenant les réponses à des questions simples tel que : « Dans quel pays habiter ? », « Quelle langue parler à la maison ? » ou « Quelles fêtes religieuses fêter ? » n’amène pas forcément des réponses évidentes. Chaque couple trouve sa solution et doit se justifier face à son entourage…
Ce blog est né d’une volonté d’explication de ma nouvelle vie à ma famille et depuis sa création je reçois régulièrement des témoignages de couple mixte qui se posent les même questions que moi au moment où j’ai décidé de faire ce grand saut : venir habiter en Israël. Ce post reprend les réponses que je leur ai donné tiré de mes expériences et de mes rencontres avec d’autres couple mixte en Israël, les israéliens sont définitivement très séduisant !
La rencontre
J’ai rencontré mon amoureux israélien dans un bar alors qu’il habitait en France après son service militaire, un classique ! Je ne compte plus les couples que je connais ici qui se sont rencontrés dans des situations simulaires aux quatre coins du monde (souvenez vous les israéliens voyagent énormément, aux Etats-Unis et en Thaïlande en particulier).
Nous avons été chanceux d’avoir pu habiter ensemble quelques années à Paris avant de faire le grand saut, d’autres n’ont pas eu cet période d’essai et sont venus directement rejoindre leur amoureux ou (plus rarement) leur amoureuse en Israël après quelques voyages et de longs mois de relation à distance, bravo !!

Habiter en Israël
Le pays a des tas de bon cotés dont le climat méditerranéen et la proximité de la mer ne sont pas des moindres… Néanmoins ce qui préoccupe tout le monde avant de venir s’installer, c’est la langue, les papiers et bien sûr le travail.
Apprendre l’hébreu n’est pas chose aisée, heureusement les cours à l’Ulpan ne sont pas cher et presque tout le monde parle anglais en Israël (même si j’aurais certainement appris plus vite l’hébreu si j’avais été obligée de le parler tous les jours…).
Ce n’est jamais une partie de plaisir d’affronter une administration pour obtenir un permis de séjour, où que ce soit, en Israël aussi, ce n’est pas rare de faire la queue ou de devoir revenir. Néanmoins comme vous serez avec un israélien votre situation sera relativement « simple », si vous êtes marié cela le sera encore plus et si vous avez habité ensemble précédemment cela se passera sans aucun problème. Il faudra simplement tout prouver avec tous les documents possibles : actes de mariage, factures, loyers, photos de famille, lettre de recommandations, ils sauront tout sur votre vie ! Et en échange vous recevrez un permis de travail pour 6 mois/1an ou, si vous êtes marié, un permis de séjour, l’assurance maladie et la nationalité au bout de 4 ans.
Pour ce qui est du travail tout dépend de votre métier d’origine, ce n’est pas toujours évident d’exercer son métier dans une langue étrangère. Mais Israël étant, par obligation, un pays tourné vers l’étranger, l’Europe et les Etats-Unis en particulier, de nombreuses opportunité de travail existe dans plusieurs domaines : la « Silicon Wadi » a les yeux tournés vers la « Silicon Valley », des touristes arrivent du monde entier pour visiter la terre sainte ou faire la fête à Tel Aviv et la communauté française, de plus en plus importante, amène aussi quelques opportunités de travail en français !

La question du mariage
C’est une question plus délicate qu’il n’y parait pour une simple raison, le mariage civil n’existe pas en Israël. Alors si les deux partenaires ne sont pas de la même religion, ce qui est souvent le cas pour les couples mixte se pose la question du lieu où se marier.
Nous nous sommes marié en France avant de venir et c’est, de loin, la solution la plus facile que je connaisse et qui nous a largement facilité les démarches pour les papier en Israël. Nous habitions à Paris et les démarches administratives se sont révélées assez simple, quelques papiers traduits par un traducteur certifié et 15 minutes à la mairie et nous étions marié ! La fête a eu lieu 2 ans plus tard en France, une bonne occasion pour moi de revoir toute ma famille dont je suis si éloignée et d’offrir un week-end en France à nos invités venus d’Israël.
Si vous n’êtes pas prêt tout de suite, pas de problème ! Vous pourrez toujours vous marier plus tard en France, relativement facile si vous êtes originaire d’ne petite commune, ou à Chypre comme de nombreux israéliens qui cherchent à échapper au mariage religieux.

La question de la conversion
Souvent (pas toujours) les couples mixte franco-israéliens ne sont pas de la même religion. A priori ce n’est pas très grave dans notre société de plus en plus laïcisée et c’est vrai qu’au quotidien cela ne change pas grand chose. C’est même plutôt un avantage quand arrive les fêtes, Pessah en Israël et Noël en France, vous ne manquerez jamais une fête importante dans votre famille !
Le problème de la religion peut néanmoins se poser au moment du mariage (voir ci-dessus) ou d’avoir des enfants. En effet dans la religion juive c’est la mère qui transmet la religion donc même si vous habitez en Israël, élevez vos enfants comme des israéliens, qu’ils parlent hébreu et célèbrent toutes les fêtes juive, si vous n’êtes pas juive ils ne le seront pas ! Et ça cela peut causer plusieurs nuits d’insomnie à votre amoureux israélien aussi laïc qu’il soit.
Après chacun sa réponse, certaines choisissent de se convertir mais il faut savoir que le processus prend plusieurs années et qu’il peut parfois être très contraignant au quotidien. Votre copain israélien va devoir garder sa maison casher, manger casher et ne pas vous toucher pendant 10 jours au moment de vos règles, pas sûr qu’il apprécie finalement… Les motivations de ces femmes sont souvent intellectuelles que ce soit pour s’immerger le plus possible dans la culture de leur pays d’accueil que pour découvrir la philosophie de la religion juive. Parfois, une fois les cours terminés le naturel reprend le dessus et le quotidien revient presque à la normal.
J’ai choisie de ne pas me convertir et mon amoureux israélien ne me l’a jamais demandé. Je tiens néanmoins à fêter les fêtes juives de la même façon qu’il l’a toujours fait dans sa famille, c’est à dire dans le respect des traditions avec un minimum de référence à la religion (de la même façon que je célèbre Noël, le sapin sans la crèche). Nos enfants ne seront pas juifs mais élevé comme des israéliens, seront circoncis et iront à l’armée. En espérant que la société sera aussi tolérante envers eux qu’elle l’est envers moi.

Mon meilleur conseil reste de parler le plus possible de tous ces sujets de tous les autres chocs culturels que vous pourrez rencontrer avec votre amoureux(se), plus les choses sont claires plus elles seront facile à régler. Et si vous avez d’autres questions n’hésitez pas à m’en faire part, j’essayerais de vous répondre avec ma modeste expérience en Israël avec un amoureux israélien.

 

Boutique Biologiquement.comHybrides aux yeux débridés

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En thaï, la locution «louk khreung» (littéralement: enfant-moitié) désigne des fils ou filles de couples mixtes. Des hybrides aux yeux… débridés, dont le nombre a significativement augmenté dans les années 50, au sortir de la 2ème guerre mondiale, suite à l’afflux de résidents et de touristes, puis de 1964 à 1975 pendant la guerre du Vietnam, lorsque la Thaïlande servait de base arrière aux troupes de l’Oncle Sam.
L’exemple le plus célèbre étant Tiger Woods, né en 1975 de parents mariés, mais il y eut également beaucoup de métis provenant d’unions passagères et tarifées. Si certains furent l’objet de discrimination au départ, la plupart ont été largement acceptés et intégrés par la population thaïlandaise. De nos jours, beaucoup de ces «sang-mêlé» viennent de relations entre expatriés et autochtones. Depuis une vingtaine d’années, les «louk khreung» sont à la mode, voire même très courtisés par l’industrie du spectacle, appréciant leur bonne maîtrise de l’anglais et surtout leur apparence physique caractéristiques de la race blanche. Plus grands que la moyenne, avec une peau claire, des cheveux auburn et des yeux souvent bleus ou verts, ils finissent acteurs, chanteurs, ou animateurs vedettes. Faisant partie intégrante du paysage audio-visuel, ils sont nombreux à envahir le paf. C’est le cas de Tata Young (chanteuse, mannequin, actrice), Cindy Burbridge (mannequin, actrice), Mario Maurer (mannequin, acteur), Alexander Rendell (acteur, chanteur), Paula Taylor (actrice, mannequin, présentatrice), Ann Thongprasom (actrice, animatrice, productrice), ou encore de Katreeya English, plus connue sous le nom de “Kat”, elle aussi chanteuse, actrice, et mannequin. Bref, la liste est longue et non exhaustive…

En thaï, la locution «louk khreung» (littéralement: enfant-moitié) désigne des fils ou filles de couples mixtes. Des hybrides aux yeux… débridés, dont le nombre a significativement augmenté dans les années 50, au sortir de la 2ème guerre mondiale, suite à l’afflux de résidents et de touristes, puis de 1964 à 1975 pendant la guerre du Vietnam, lorsque la Thaïlande servait de base arrière aux troupes de l’Oncle Sam.

L’exemple le plus célèbre étant Tiger Woods, né en 1975 de parents mariés, mais il y eut également beaucoup de métis provenant d’unions passagères et tarifées. Si certains furent l’objet de discrimination au départ, la plupart ont été largement acceptés et intégrés par la population thaïlandaise. De nos jours, beaucoup de ces «sang-mêlé» viennent de relations entre expatriés et autochtones. Depuis une vingtaine d’années, les «louk khreung» sont à la mode, voire même très courtisés par l’industrie du spectacle, appréciant leur bonne maîtrise de l’anglais et surtout leur apparence physique caractéristiques de la race blanche. Plus grands que la moyenne, avec une peau claire, des cheveux auburn et des yeux souvent bleus ou verts, ils finissent acteurs, chanteurs, ou animateurs vedettes. Faisant partie intégrante du paysage audio-visuel, ils sont nombreux à envahir le paf. C’est le cas de Tata Young (chanteuse, mannequin, actrice), Cindy Burbridge (mannequin, actrice), Mario Maurer (mannequin, acteur), Alexander Rendell (acteur, chanteur), Paula Taylor (actrice, mannequin, présentatrice), Ann Thongprasom (actrice, animatrice, productrice), ou encore de Katreeya English, plus connue sous le nom de “Kat”, elle aussi chanteuse, actrice, et mannequin. Bref, la liste est longue et non exhaustive…

Boutique Biologiquement.comOn sponsorise notre mixité

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Bonjour,
Nous nous présentons: Amandine, française, 24 ans et Malek, 33 ans d’origine marocaine.
Nous sommes parents d’un petit Yanis de quatre ans.

On sponsorise notre mixité
On sponsorise notre mixité

Nous nous sommes rencontrés il y a sept ans, tout nous séparé : notre mode de vie, notre différence d’âge, nos confessions religieuses et notre éducation.
Notre couple? Personne n’ y croyait, à tel point que parfois on en doutait nous même….
Depuis notre rencontre, nous rêvons de nous unir par les liens du mariage mais le contexte ne s’y prettait pas trop, jusqu’à ce qu’on décide de faire nous même évoluer les circonstances!
De budget tres limité, nous avons décidé d’utiliser le sponsoring pour promouvoir cette mixité et s’offir un mariage pas comme les autres…
Nous allons organiser un mariage où fusionneront les deux cultures, un mariage pacifique et unique!
La mixité devient de plus en plus courante de nos jours, pourtant les tabous restent inchangés.
Cela dérange toujours les gens “qu’une fille comme moi soit avec un gars comme lui”
Tabous, apprioris, … Nous souhaitons montrer que la différence est une richesse et qu’il faut savoir y faire face plutôt que de s’en cacher.
Nous sommes actuellement en phase de médiatisation et nous comptons des partenaires tant orientaux que occidentaux.
Ces partenaires sont heureux de participer à ce projet car il est positif et juste.
Venez nous retrouver sur notre site : www.cnotremariage.fr/malikamandine84
A trés bientôt
Amandine&Malek

Boutique Biologiquement.comSe marier à Shanghai Chine

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Vous êtes de plus en plus nombreux à souhaiter vous marier à Shanghai. Les formalités diffèrent selon la nationalité de votre futur conjoint.
Si votre futur conjoint est français

Le consulat est en mesure de publier les bans et de vous délivrer le certificat de capacité à mariage réglementaire. Le mariage peut être célébré dans les locaux du Consulat. Votre commune de résidence en France sera consultée visoterra-chine-lijiang-6203si vous résidez à Shanghai depuis moins d’un mois. L’acte de mariage sera ensuite enregistré sur les registres d’état civil français du Consulat et dans les registres du Service central de l’état civil à Nantes, compétent pour l’étranger.
Si votre futur conjoint n’est pas français

Le mariage devra être enregistré devant les autorités chinoises. Ces dernières vous demanderont un certificat de capacité à mariage, à solliciter au préalable au Consulat au cours d’une audition. Une fois le mariage enregistré par les autorités chinoises, une demande de transcription dans les registres de l’état civil français devra être déposée au Consulat.

Il est également possible de célébrer le mariage en France, il convient alors d’entamer la procédure dans la commune concernée en France, qui sollicitera une publication des bans au Consulat. Il conviendra ensuite de solliciter pour le futur conjoint étranger un visa de court séjour en vue de mariage ou de long séjour en vue d’installation. Dans tous les cas, le Consulat procèdera à l’entretien prescrit par le Code Civil, afin de détecter les mariages de complaisance.

Un contrat de mariage peut être signé au Consulat, avant le mariage sur envoi d’un projet rédigé par un notaire en France. Une fois l’acte de mariage dressé ou transcrit au Consulat, votre conjoint pourra solliciter un visa de circulation (lui permettant de circuler librement dans l’espace Schengen pendant des périodes n’excédant pas 90 jours sur 6 mois, visa valable un an renouvelable).

Il pourra également solliciter un visa d’installation. Les formalités d’obtention d’un visa pour conjoint de français sont simplifiées, et les délais entre le dépôt du dossier et l’obtention du visa sont d’une semaine environ. Après quatre ans de vie commune à compter du mariage, et à condition que votre mariage ait été transcrit dans l’état civil français, votre conjoint étranger pourra solliciter la nationalité française. Cette durée est portée à cinq ans si votre conjoint ne peut justifier d’un séjour continu en France de trois ans sur les quatre ans de vie commune, ou si vous ne pouvez justifier d’une inscription continue au Registre des Français établis hors de France (inscription au Consulat) durant ces quatre ans.

Le conjoint étranger doit en outre justifier d’une connaissance suffisante de la langue française. Pour les questions relatives au mariage, le Bureau de l’état civil du Consulat est à votre disposition au 6135 2064 ou au 6135 2051.
Conseils pratiques : Etablir un contrat de mariage en Chine

En application de l’article 19 de la Loi sur le mariage de la RPC du 10 septembre 1980, modifiée le 28 avril 2001, si les futurs époux souhaitent, avant l’enregistrement, rédiger un contrat de mariage, ils devront le faire par écrit et pourront s’adresser utilement à un notaire FRANCAIS, déterminant avec l’aide de ce dernier les modalités de ce contrat et lui demander de faire parvenir par courriel le projet d’acte authentique à établir au consulat général de France à Shanghai afin de pouvoir signer le contrat de mariage établi selon le projet.

Ils ont également la possibilité de rédiger un contrat au cours du mariage selon la même procédure pour transformer le régime de leur mariage. A défaut de contrat de mariage, et s’ils établissent leur domicile commun en Chine, les époux seront soumis au régime matrimonial légal de droit chinois, à savoir le régime de communauté d’acquêts (articles 17 et 18 de la Loi sur le mariage).

Le contrat de mariage, en langue française, peut être aussi déposé auprès du Consulat français si le mariage y est transcrit.

Boutique Biologiquement.comL’intégration par l’amour

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Pour leur faire-part de mariage, ils ont choisi d’accoler l’image solaire d’une caravane dans le désert au cliché alpestre des cimes de l’Isère, avec un ciel d’azur en trait d’union. Mariem la Marocaine et Laurent l’Isérois se sont dit «oui» le 22 mai 1999: «Le premier mariage franco-marocain de Revel, 1 053 habitants!» clament-ils fièrement sur le site internet qu’ils ont créé à cette occasion. Tout un symbole. En effet, la France passe pour la championne

couple mixte en France
couple mixte en France

européenne du «mixage matrimonial», ces couples bigarrés suscitant l’étonnement, l’admiration ou la curiosité, mais aussi la suspicion de certains maires, qui refusent parfois de les célébrer en n’y voyant que mariages blancs et relations de convenance. Comment ces amours transnationales se vivent-elles au quotidien?

En 1999, 30 000 mariages mixtes – entre époux français et étranger – ont été célébrés, soit plus d’une union sur dix. Sans compter les épousailles entre fils ou fille d’immigrés des deuxième et troisième générations et Français dits «de souche», puisque l’état civil ne mentionne que la nationalité des époux au moment du mariage, les origines ethniques ou religieuses n’apparaissant pas dans les statistiques. Près d’un tiers des étrangers naturalisés (soit 22 000) ont acquis la nationalité française par le mariage. Ainsi, en l’espace de vingt ans, la proportion des mariages mixtes a doublé.

Pourtant, le couple mixte semble une aberration sociologique. Un pied de nez à la règle dominante de l’«homogamie»: toutes les enquêtes démographiques montrent que les Français(es) se marient plutôt dans le même milieu – les trois quarts des couples sont de même origine et de même groupe social – selon l’adage «Qui se ressemble s’assemble». Au contraire, les unions mixtes apparient deux individus que tout – ou presque – devrait séparer: culture, religion, couleur de peau, voire traditions culinaires. Au point que les cassandres prédisent le divorce comme seule issue possible du couple mixte. Pas facile de faire accepter aux familles respectives le choix de son conjoint. Pas facile non plus de faire une croix sur ses habitudes alimentaires. Pas facile, surtout, de respecter les croyances de l’autre. Le lien, d’autant plus fort que tout oppose les promis, supposerait même une démarche volontariste: «Ce type d’union est toujours très intense, explique le psychanalyste Malek Chebel. En général, il y a un surinvestissement de l’autre. Quand cela se passe bien, c’est une idylle néoromantique: il y a une fascination, un engagement émotionnel parfois quasi pathologique auprès du partenaire, dont on projette une vision sublimée.»
«Les mariages mixtes se caractérisent par une certaine inégalité entre les sexes»

Ça passe ou ça casse. Dans le cas de Céline et Abdel, 24 et 26 ans, c’est sur le point de casser: «C’est l’amour fou depuis quatre ans, raconte cette jeune préparatrice en pharmacie lyonnaise éprise d’un aide-comptable d’origine marocaine. Mais sa famille ne m’accepte pas. Ses parents et ses frères, qui m’ont d’abord ignorée, font le forcing depuis deux ans pour que je me convertisse à l’islam – ce dont il n’est pas question. Ils ont voulu marier Abdel au pays, avec une fille du village, mais il a refusé. Notre histoire n’est faite que de séparations et de retrouvailles. J’ai peur que, sous la pression familiale, il finisse par épouser une musulmane. On craque: le syndrome Roméo et Juliette, ça use.»
Selon Malek Chebel, «l’investissement est d’autant plus fort que, la plupart du temps, chacun des partenaires doit faire face à la désapprobation – voire à l’hostilité – des parents et vit sa relation comme une aventure à contre-courant. Le foyer mixte peut être le lieu privilégié où s’expérimente la tolérance à la différence, mais aussi un amplificateur des conflits interculturels et des malentendus. Quand les choses se gâtent, le traumatisme est plus fort et l’échec vécu, d’autant plus durement». Ainsi, Fatima, aide-soignante arlésienne de 45 ans, se souvient avec amertume de son mariage: «J’avais 21 ans, je savais ce qui m’attendait si j’épousais un musulman: devenir une mémère à la maison. J’avais le choix: attendre que ma famille m’impose un mari algérien ou trouver un Occidental que j’imposerais à ma famille. Quand j’y repense, j’aurais préféré rencontrer un Algérien qui partage ma culture, ma langue, mon goût pour la musique et la cuisine de mon pays d’origine, tout en respectant ma liberté. Ma belle-famille m’a obligée, contre mes convictions – même si je ne suis pas musulmane pratiquante – à me marier à l’église et à faire baptiser mes deux enfants. Mon mari prenait un malin plaisir à manger du porc devant moi. Nous avons divorcé au bout de treize ans.» Aujourd’hui, elle vit en concubinage avec un autre «Français de souche»: «Il accepte au moins de ne pas manger de porc… La différence de cultures, c’est un combat de tous les jours, même si on a l’esprit large.»

La rupture se joue presque toujours autour de l’éducation des enfants ou de la religion. «Ce genre de mariage suppose un déminage quotidien, observe Malek Chebel. En général, le mariage mixte pousse les deux partenaires vers la laïcité, ou alors c’est la femme qui met de côté ses convictions religieuses pour “épouser” celles de son mari.» Selon deux études de l’Institut national d’études démographiques (Ined) menées sur deux cohortes de couples mixtes mariés en 1975 et 1982, leur taux de divorce est pratiquement le même que pour les couples franco-français.

Mais filles et garçons étrangers ne partent pas avec les mêmes chances de réussite: «Les mariages mixtes se caractérisent par une certaine inégalité entre les sexes, observe Jocelyne Streiff-Fénard, sociologue à l’université de Nice: les filles étrangères sont beaucoup plus sujettes que les garçons aux pressions de leur famille. En revanche, elles sont bien mieux acceptées par les familles françaises, alors que domine pour leurs frères l’image diamétralement opposée du délinquant. Les mariages mixtes entre hommes français et femmes maghrébines seraient moins fragiles que les autres – y compris les unions classiques entre Français. Comme si ces couples étaient condamnés à la réussite.»

Installés avec leurs trois enfants à Villelongue-de-la-Salanque, près de Perpignan, Kheira et Pierre-Alain Achard font figure de couple modèle. Leur histoire n’avait pourtant rien d’évident: avant de se connaître, elle fréquentait quasiment exclusivement les milieux d’origine algérienne et lui n’avait jamais rencontré d’Arabe. «J’ai éprouvé beaucoup de curiosité pour sa culture, raconte ce comptable de 43 ans. Je n’étais pas croyant et j’ai découvert la foi à travers elle, même si elle n’est pas très pratiquante. Ma conversion à l’islam, d’abord motivée par mon désir de consolider notre couple, a été une vraie découverte. Nous nous sommes unis religieusement il y a huit ans et nous sommes mariés civilement depuis un an.» La mère de Kheira a refusé de voir sa fille pendant deux ans. «La naissance des enfants nous a finalement réconciliées, se réjouit Kheira, mais ces tensions auraient pu briser notre couple.»

Autre point positif: le regard bienveillant que la société française semble poser sur ces unions. «Les gens sont plutôt sympa», se réjouit Isabelle, 43 ans, qui nage dans le bonheur depuis trois ans avec Karim, 40 ans. Même son de cloche pour Fatima: «Je n’ai jamais ressenti de regard désagréable, remarque-t-elle. Au contraire, j’étais la fille qui avait su briser les tabous.» Pour Jocelyne Streiff-Fénard, les mariages mixtes, «considérés comme la manifestation la plus forte de l’intégration, sont en général valorisés par l’opinion – électeurs du Front national mis à part… On y voit un signe d’ouverture, de modernité, d’émancipation». La victoire de l’universalisme sur le communautarisme.
Paru dans L’Express

Boutique Biologiquement.comLa mixité dans un couple : le petit truc en plus ?

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Depuis plus de dix ans, plus d’une trentaine de mariages franco-hongrois sont célébrés chaque année par l’ambassade de France à Budapest. En 2007, plus de dix projets de mariage ont déjà été déposés. C’est dire combien le mariage mixte est une réalité, sans compter les couples vivant en concubinage. D’ailleurs, vous-même êtes peut-être la moitié de quelqu’un d’une autre nationalité ou avez dans votre entourage des amis en «couple blanc-et-noiremixte». Rencontre dans le cadre professionnel, lors d’un séjour dans le pays ou ailleurs, par des amis communs…tant de circonstances sont possibles donnant lieu à des histoires qui font rêver…

Si certains déclarent qu’ils aimeraient aussi vivre cette expérience et n’hésitent pas à employer le terme «conte de fées» pour la qualifier, d’autres, au contraire, ne s’imaginent pas dans cette situation qui représenterait pour eux plus de difficultés que de bonheur. Il est vrai qu’au-delà du projet de vie qui est commun à tous les couples, le couple mixte doit bien souvent faire face à des prises de décisions importantes et passe par des phases d’interrogation ou de crainte. La découverte d’un autre pays, d’une autre façon de vivre, d’une autre Histoire, d’autres modes de pensées, l’apprentissage d’une nouvelle langue ou encore l’éducation des enfants… autant de sujets qui prêtent à débat. Mais ces différences de culture ne sont-elles pas aussi une formidable opportunité de s’aérer l’esprit et de regarder vers d’autres horizons?

Le couple mixte et ses problématiques, réponses en quatre temps.

Orsi 29 ans, est en couple depuis bientôt deux ans avec Jean, 32 ans. Orsi vit à Budapest, Jean à Paris. Dans quelques mois, ils vont s’installer ensemble et c’est Orsi qui partira rejoindre Jean en France. Leur couple est dans une situation de transition, où l’un des deux quitte son pays pour rejoindre l’autre. Pour Orsi, c’est une phase difficile à gérer qu’elle aimerait volontiers «zapper». En effet, elle est partagée entre deux sentiments. D’un côté, elle éprouve de l’appréhension et se questionne par rapport à sa nouvelle vie dans un pays qui n’est pas le sien. D’un autre côté, elle est très impatiente de faire le grand saut, car elle veut vivre cette aventure. Elle s’est d’ailleurs déjà fixée deux objectifs : apprendre le français le plus vite possible et trouver un travail. Et le reste suivra!

János, 29 ans, a rencontré Gaëlle, 26 ans, il y a 7 ans. Mariés depuis 3 ans, ils vivent à Nantes. Pour János, le couple mixte est une aventure enrichissante qui favorise l’ouverture d’esprit. Dans son cas, cela lui a permis d’accepter des différences d’opinions sur des sujets comme la politique et la religion. Sur beaucoup de points, János déclare «Avant je ne pouvais pas imaginer…» et avoue faire beaucoup de compromis qu’il ne ferait pas s’il vivait avec une Hongroise. Il apprécie aussi le fait de pouvoir choisir ce qui lui plaît parmi deux cultures. Vivre à l’étranger lui a également permis de développer un sentiment d’indulgence envers son pays car il constate que la vie n’est pas forcément mieux ailleurs. Le quotidien de Gaëlle et János est aussi fait de débats liés à des points de vue divergents qui seront toujours présents, s’atténueront ou s’accentueront en fonction des événements de la vie, comme l’éducation des enfants par exemple. Mais tout ceci ne constitue aucun obstacle majeur et János de déclarer «Le couple mixte, faut y aller !».

Céline, 39 ans, et Gyula, 40 ans, sont mariés et ont deux enfants. Après 20 ans passés en France dont 10 ans aux côtés de Céline, Gyula avait envie de revenir dans son pays. Et c’est l’été dernier qu’il a embarqué toute sa petite famille pour Budapest. La question des enfants a aussi beaucoup joué quant à l’installation à Budapest. Gyula avait un besoin très fort de faire découvrir son pays et de transmettre sa culture à ses enfants. Au-delà de la langue qu’il leur a déjà enseignée en France, Gyula est ravi que ses enfants aillent à l’école en Hongrie et reçoivent le même enseignement que lui. Selon Céline, la décision de venir s’est faite très naturellement et n’a pas fait l’objet de désaccord. Après la vie en France, il était tout à fait normal d’aller vivre aussi dans le pays du père de ses enfants. De ce partage entre les deux pays, elle parle d’une chance extraordinaire pour ses enfants, et pour elle aussi !

L’histoire de Marion, 26 ans est un peu différente mais tout aussi intéressante. Franco-hongroise, elle a vécu en Hongrie jusqu’à l’âge de six ans. Après le divorce de ses parents, elle est partie vivre à Paris avec sa mère et son frère. Elle raconte que ses parents ont toujours souhaité qu’elle cultive ses deux identités. Ainsi, elle a passé, chaque été, ses deux mois et demi de vacances scolaires en Hongrie. Ou encore, quand elle vivait à Budapest, elle fréquentait l’école française. Il y a trois ans, elle est revenue vivre à Budapest et fréquente Tamás, 25 ans, depuis deux ans. Marion reconnaît que cette éducation «mixte» a très certainement influencé son identité. Aussi quand elle imagine sa future vie de famille, elle est sûre de deux choses : elle transmettra de la même façon les deux cultures à ses enfants et leur père devra apprendre le français. Elle n’éprouve aucune appréhension du couple mixte et de la vie à l’étranger, peu importe la destination. Marion travaille dans le domaine de la politique migratoire. Si sa profession doit l’amener à aller vivre ailleurs, elle aimerait que son compagnon la suive et avoue que c’est un sujet de désaccord dans son couple actuel.

Alors qu’en pensez-vous ? Vous êtes tentés par l’aventure, vous vous êtes reconnus, cela vous a éclairé, ce n’est pas pour vous ? A l’évidence, la mixité dans un couple n’est pas chose aisée. Mais quand ces différences de culture s’effacent, l’énergie du couple est démultipliée car elle est riche de ses différences.

Delphine Degré

Boutique Biologiquement.comLe couple mixte

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Pour le couple mixte, même les actes apparemment simples de la vie de tous les jours deviennent exotiques. «Quand tu es marié avec quelqu’un d’une autre culture, tout surprend. Les petits événements deviennent compliqués.» Lui, le Parisien, a épousé une princesse africaine. Elle mange du riz tous les jours. Le riz, il aime, mais en risotto, uniquement. Il aime bien s’asseoir à table pour dîner; elle ne peut manger qu’assise par terre, avec les doigts. L’inverse est aussi vrai. Lui, le Sénégalais, marié à une Française, a dû

couple mixte en France

apprendre à ses amis à téléphoner avant de passer et, surtout, à éviter de s’installer des heures entières, comme au pays. «S’il n’y a pas un peu de savoir-vivre, au bout d’un mois, c’est fini.»

Avec un conjoint d’une culture qui n’est pas la sienne, il faut une sacrée dose de respect pour l’autre. On a vite fait de réagir négativement. «Un couple mixte est plus riche que les autres, mais il est aussi plus difficile à vivre, assure la jeune femme. Par nos différences, on rappelle à l’autre qu’il n’est pas le centre du monde. Il y a une perpétuelle remise en question.»

Le couple mixte croit au mariage. Peut-être parce qu’il est plus compliqué, il faut travailler davantage pour qu’il marche. Selon les études de l’Institut national d’études démographiques (Ined), plus de 30% des couples «ordinaires» jettent l’éponge au bout de dix-sept ans, contre 22% pour les couples mixtes. On croit tellement au mariage qu’on officialise plus souvent. «On constate une croissance des mariages mixtes alors qu’il y a en général un déclin de l’institution», note Michèle Tribalat, chercheur à l’Ined. Depuis 1973, il y a plus de 20 000 unions mixtes par an, c’est-à-dire des conjoints de nationalité, de religion ou de culture différentes. Elles représentaient 6,7% des mariages en 1982 et plus de 12% une décennie plus tard. Ici, l’adage serait plutôt: ceux qui ne se ressemblent pas s’assemblent. «Nos goûts sont très différents, dit l’Africaine. Nous avons nos propres passions, mais nous sommes fiers de ce qu’est l’autre. C’est ce qui nous a fait tenir.»

L’enfant du couple mixte a une façon bien à lui d’intégrer les deux cultures. «La Belle au bois dormant s’est piquée avec une aiguille, a mouru et elle est allée voir Bouddha.» Il est parfois un peu perplexe. «Pourquoi les escargots sont en noir pour aller à l’enterrement d’une feuille morte? interroge Leila, qui est allée à l’enterrement d’un oncle en Afrique. Le deuil, c’est en blanc.» Dans le couple mixte, la planète est plus grande.